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1. Introduction Depuis plusieurs années, et plus particulièrement depuis la tenue du tout premier Séminaire interaméricain sur la gestion des langues tenu à Québec en 2002, nous poursuivons, chacun d’entre nous, nos réflexions sur la question de la diversité culturelle et linguistique. Nous avons, grâce à différentes études, approfondi les multiples facettes de la diversité culturelle, de sa signification et de ses implications politiques et sociales. Ces réflexions ont complété, en les élargissant et en les diversifiant, les résultats des travaux menés par les organisations des Trois espaces linguistiques (Hispanophonie, Francophonie, Lusophonie), de même que les travaux qui ont préparé l’adoption par l’UNESCO de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. En fait, comme l’ont démontré les différentes manifestations organisées entre 2001 et 2004 par les Trois espaces linguistiques – plus particulièrement le colloque de Mexico d’avril 2003, intitulé "Coopération, diversité et paix" ainsi que le colloque organisé dans le cadre du Forum des cultures de Barcelone en 2004 et qui portait sur les "Espaces géoculturels dans la mondialisation" –, le concept de "diversité culturelle" est beaucoup plus large que l’objet visé par la convention de l’Unesco. Je crois qu’il faut encore, au cours de ce troisième séminaire, rappeler que le concept de culture inclut la composante linguistique. Il importe de l’affirmer formellement, dans les textes et dans les déclarations sur la diversité culturelle, car la langue n’est-elle pas la manifestation la plus évidente de la culture ? Cela va sans dire, me répondrez-vous, mais je pense que cela va mieux en le disant ! La déclaration et le plan de travail adoptés à Cotonou en 2001 par les ministres de la Culture des États et gouvernements membres de l’Organisation internationale de la Francophonie sont éloquents à ce sujet. Ce plan de travail préconise notamment la mise en place de politiques linguistiques et de structures appropriées favorisant le développement harmonisé des langues et le maintien de leur usage. La question des politiques linguistiques est familière à chacun d’entre nous, d’autant plus que la plupart des pays représentés ici se sont dotés d’une politique linguistique, à l’instar de la majorité des pays membres des Nations Unies. En fait, pour être plus précis, 287 États et territoires répartis dans plus de 180 pays ont promulgué une politique visant à promouvoir une ou plusieurs langues. Il m’apparaît opportun de rappeler ici, dans cet atelier portant sur le thème "Normalisation linguistique et citoyenneté", que la question linguistique doit être considérée une composante essentielle de ce que l’on appelle le développement durable, c’est-à-dire un développement qui prend en compte de façon indissociable et harmonieuse, les dimensions de l’économique, de l’environnement et de la société. Un véritable développement doit permettre à une société de s’épanouir, et cela suppose qu’il reconnaît la valeur irremplaçable des éléments culturels de cette société, dont au premier titre la langue. La langue, outil des échanges quotidiens, outil d’appréhension et de dénomination du réel, outil d’élaboration et de transfert des connaissances, outil de communication et de dialogue des cultures, média de coopération technique. Vue dans la perspective continentale des Amériques, la question de la diversité culturelle et linguistique implique le multilinguisme comme réponse au "tout en anglais" qui menace les autres langues à des degrés divers. Mais l’adoption du principe du multilinguisme ne fait pas l’unanimité, ni en Europe, ni dans les Amériques, ni à l’échelle internationale. Les grandes langues de communication, y compris l’espagnol, le français et le portugais, voient leur usage décliner ou être menacé dans de nombreux domaines, notamment celui des sciences et des techniques et celui des échanges commerciaux, au profit de l’anglais qui joue de plus en plus un rôle de lingua franca. Pour reprendre ici le modèle gravitationnel appliqué aux langues par Louis-Jean Calvet [1], nous avons au centre l’anglais (H = langue hypercentrale) et, dans un second cercle, les autres langues internationales parlées en Amérique, l’espagnol, le français et le portugais (S = langues supercentrales).
Modèle gravitationnel Dans le combat pour la diversité linguistique, nous devons avoir comme objectif de maintenir, à tout le moins, nos langues à ce niveau. Les décisions de politique linguistique prises à l’échelle internationale ont des conséquences sur la vie quotidienne des citoyens, sur leur sécurité culturelle et sur leur sécurité linguistique. Pour illustrer ces conséquences, j’ai choisi de parler du domaine de la normalisation et de ses incidences sur la vie citoyenne.
2. Le pouvoir des normes Chacun d’entre nous est familier à plus d’un titre avec l’univers de la normalisation technique, ne serait-ce que pour avoir observé sur les produits les plus courants du commerce le logo de l’un ou l’autre des organismes de normalisation. Difficile de ne pas les remarquer ! Depuis plusieurs années en effet, on assiste à une production pléthorique des normes techniques, qu'il s'agisse de normes internationales, de normes régionales ou de normes nationales, établies par les organismes officiels constitués et mandatés pour élaborer et implanter des normes, tels l’ISO [2], la CEI [3], mais aussi l’ANSI, le DIN [4], l’ABNT [5], le CCN [6], l’AFNOR [7], l’AENOR [8], l’INN [9], etc. Mais à ces normes officielles s’ajoutent les nombreuses normes de facto, élaborées par des organisations autres que les organismes officiels de normalisation. Certaines normes peuvent en effet être établies de facto par un consortium d’entreprises, par un consortium de vendeurs, par un regroupement de concepteurs de produits, par une grande entreprise informatique, par un groupe d'utilisateurs, par une association professionnelle, etc. Dans le contexte où les échanges s'internationalisent et où se multiplient les technologies nouvelles, la normalisation prend un nouvel essor. Elle est désormais perçue comme un outil indispensable dans les échanges commerciaux. Pour donner quelques chiffres, je mentionnerais que le Réseau mondial des services de la normalisation compte plus de 30 organisations de normalisation et que le nombre de normes, règlements techniques et autres documents normatifs produits par ces organisations est estimé à environ 700 000, selon l’Organisation internationale de normalisation. Et ce nombre ne tient pas compte des normes nationales, qui peuvent être la reproduction de normes internationales, ni des normes dérivées de normes internationales ou des normes spécifiques. À elle seule, l’ISO diffuse actuellement près de 15 000 normes actives, ce qui représente 531 324 pages de textes [10]. Par ailleurs, bon nombre des organisations membres du Réseau mondial des services de la normalisation chapeautent à leur tour plusieurs organisations nationales et internationales, formant ainsi un immense ensemble pyramidal de normalisation. Par exemple, l’ANSI [11], qui malgré son nom est elle-même une organisation internationale, regroupe un ensemble de 275 associations et organismes nationaux et internationaux accrédités pour l’élaboration de normes dans tous les domaines de l’activité industrielle. Les grands groupes industriels prennent une part très active à cette activité de normalisation, qui devient ainsi un outil stratégique leur permettant d'accéder plus facilement aux marchés mondiaux, d'exercer une influence sur les choix technologiques, même d'anticiper sur les évolutions de la technologie, ...ou tout simplement de défendre leurs produits! Cet immense corpus de normes techniques a une importance considérable sur la communication spécialisée, ainsi que sur la transmission des connaissances et des technologies. La norme technique constitue en effet un document de référence, utilisé principalement dans les échanges scientifiques et commerciaux et, d'une façon générale, dans tout le système de production et de consommation. Tous les secteurs de l'industrie ont appris à vivre avec des normes de qualité, des normes de résistance, des normes de dimensionnement, des normes de tolérance, des normes de sécurité et, bien entendu, des normes terminologiques. Le caractère référentiel des documents normatifs s'étend aux données techniques qu'ils contiennent tout comme à la langue qu'ils véhiculent, y compris les termes choisis pour désigner ces données techniques. L'élaboration et l'adoption des normes techniques sont des processus complexes et, la norme, une fois adoptée, est admise volontairement par les usagers, même lorsque son usage n'est pas obligatoire. Cette fidélité des usagers à la norme tient au fait que chaque norme est le résultat d'un consensus parmi les représentants des usagers qui l'ont élaborée, mais aussi parce qu'il s'agit du produit d'un organisme faisant autorité. De plus, les normes techniques ont souvent force de loi, dans la mesure où de nombreuses lois et règlements des différents gouvernements font une référence explicite à telle ou telle norme technique. Ainsi, un jugement de la Cour suprême du Canada a déjà tranché sur le fait qu'une norme citée comme élément de conformité dans une loi faisait partie de ladite loi [12]. Mais, d’une manière générale, l'usage des normes techniques s'impose par la loi du marché. En effet, lorsqu'un organisme ou qu'une entreprise fait référence à une norme donnée dans un appel d’offres, il se trouve à imposer à l’offrant le respect de cette norme.
3. La langue des normes Le monde de la normalisation technique internationale, tout en prétendant à un certain multilinguisme officiel, pratique en réalité un multilinguisme bien limité. Ainsi, et ce sera mon principal exemple, les grandes organisations que sont l’ISO et la CEI ont depuis longtemps adopté une politique concernant la langue de la normalisation. Dans leurs directives de travail communes, l’ISO et la CEI préconisent l’usage de trois langues officielles, l’anglais, le français et le russe. Voici quelques extraits de ces directives :
Cette politique linguistique pourrait être perçue comme exemplaire, du moins pour ce qui concerne le français et l’anglais, et même pour d’autres langues, puisqu’il y est question de normes en version multilingue. Cependant, dans la pratique, les comités techniques qui fonctionnent en mode bilingue sont très peu nombreux et le plus souvent, les documents sont rédigés en anglais. Pour des raisons dites d’efficacité et de coûts, les discussions se déroulent en anglais et ce n’est qu’après coup que les documents sont traduits en français, lors d’étapes intermédiaires ou à l’étape finale. Cette pratique mitigée du bilinguisme est malheureusement reconnue par l’ensemble des organisations membres de l’ISO, y compris par l’Association française de normalisation. Ainsi, lors d’un colloque tenu à l’UNESCO en 2001, le directeur général de l’AFNOR, M. A. Bryden déclarait : "L’organisation pratique des travaux de normalisation – délai de production des normes, etc. – impose l’anglais comme langue de référence" [14]. Le multilinguisme de la normalisation technique repose, on le voit bien, essentiellement sur la traduction des documents normatifs, avant ou après leur adoption. Cette traduction des normes est jugée nécessaire à plus d’un titre. Ainsi, au cours du même colloque cité ci-dessus, M. Ramón Naz, directeur général de l’AENOR déclarait : "L’importance de la normalisation pour le commerce international se révèle considérable, dans la mesure où son objectif fondamental consiste à faciliter la circulation des produits. Par conséquent, l’usager doit comprendre clairement la norme, la traduction de cette dernière constituant la meilleure garantie du respect de cette exigence" [15]. De même, le Directeur international du DIN, M. Ernst-Peter Ziethen, affirmait que, en matière de normalisation, "tous les milieux intéressés doivent être en mesure de comprendre les normes et de contribuer à leur élaboration – et par suite, de s’exprimer dans leur langue maternelle, sachant que les PME et les administrations ne peuvent souvent s’exprimer que dans la langue nationale" [16]. Au Québec, comme au Canada, on peut constater qu’une bonne partie des normes techniques en usage dans le commerce, l'industrie et même souvent l'Administration sont en langue anglaise. En effet, la plupart des organismes accrédités par le Conseil canadien des normes, à l'exception des organisations gouvernementales, élaborent leurs normes en anglais. Dans un certain nombre de cas, des efforts louables sont faits pour assurer la traduction d'une partie de ces normes, mais la version française est souvent publiée bien après la version anglaise, à cause des délais de traduction. Avec comme conséquence que, au moment où cette version française est publiée, la version anglaise est déjà le plus souvent en usage chez les francophones, qui jugent alors inutile de changer de texte de référence. Malgré des moyens importants consacrés à la traduction, cette tendance à la prédominance des textes normatifs en langue anglaise s'accentue dans le contexte de l'ALÉNA. La création d'un éventuel marché unique en Amérique du Nord rend nécessaire, comme c'est déjà le cas en Europe, l'harmonisation des normes techniques en usage. En effet, le Canada, les États-Unis et le Mexique ont choisi de ne pas recourir à des mesures normatives qui pourraient créer des obstacles commerciaux. L'harmonisation des normes se fait en partie par l'adoption de normes internationales et en partie par la préparation de normes compatibles. Cependant, cette compatibilité prend souvent la forme de la reconnaissance réciproque des normes et des documents dérivés. Dans de nombreux cas, l'harmonisation normative se fait au Canada par la reconnaissance de normes américaines. Dans les faits, les usagers francophones devront inévitablement recourir à des normes en langue anglaise, à moins qu’elles ne soient traduites ou qu’il s’agisse d’une norme internationale existant déjà en français. Les conséquences sur la promotion et le développement du français comme langue de travail au Québec sont importantes. Le recours massif accru à des normes conçues et rédigées en langue anglaise est de nature à nuire au français comme langue de travail et comme langue du commerce et des affaires, d’autant plus que de nombreuses normes non traduites en français font partie intégrante, par référence, des lois canadiennes et québécoises. Cet exemple de la situation au Québec et au Canada illustre probablement bien ce qui peut se passer avec d’autres langues, et il serait intéressant de comparer cette situation avec ce qui se passe pour le portugais et pour l’espagnol. La conclusion qui s’impose est qu’il est essentiel de promouvoir l’adoption de politiques linguistiques relatives à la disponibilité des normes et autres documents normatifs dans les langues nationales afin de donner au public accès à l’information normative dont il a besoin dans la langue qu’il utilise quotidiennement. À l’échelle de l’ISO et de la CEI, la traduction en français des normes est dans une large mesure, assurée par l’Association française de normalisation et par certains organismes canadiens de normalisation, dans la mesure où ces normes sont adoptées comme normes nationales. Tout n’est pas traduit en français pour des raisons de coûts et de rapidité. Les normes internationales sont revues systématiquement tous les cinq ans, et leur nombre, nous l’avons vu, rend nécessaire des choix stratégiques. On traduit en priorité les normes les plus importantes, soit celles qui sont utilisées par le plus grand nombre d’usagers ou qui touchent le grand public, ou encore celles qui ont une incidence importante sur la santé et la sécurité du public. Par ailleurs, il y aurait sans doute lieu de mieux assurer la diffusion des documents normatifs qui existent dans les différentes langues qui nous intéressent ici afin de rentabiliser les investissements qui sont faits pour en assurer la traduction. Il conviendrait de constituer des sites portails spécialisés sur les normes techniques afin de mieux faire connaître ce qui existe et d’en promouvoir l’usage. Ici, les organismes de normalisation régionaux et nationaux ont un important rôle à jouer à cet égard.
4. La normalisation terminologique La normalisation technique, nous l’avons vu, repose sur les besoins d’échange et de communication. Les normes internationales contribuent au développement de produits et de services efficaces et de qualité. Elles assurent la compatibilité des produits avec les exigences des consommateurs et les exigences de santé et de sécurité dans le monde du travail. Leur bonne compréhension est essentielle dans cette perspective. L’élaboration pléthorique de normes techniques dans tous les domaines a pour conséquence la diffusion de centaines de milliers de pages dans lesquelles sont utilisés des milliers de termes techniques. C’est la raison pour laquelle toute activité de normalisation technique s’accompagne généralement d’un volet terminologique essentiel à l’intelligibilité des normes, qu’il s’agisse du texte original ou de la traduction dans d’autres langues. Dans ce contexte, les comités techniques des organismes de normalisation produisent trois catégories de normes :
L’élaboration de normes terminologiques a pour objectif de garantir l’intercompréhension entre les spécialistes des domaines traités par la normalisation technique, au-delà des usages terminologiques diversifiés qui peuvent exister. Il s’agit de s’assurer de la compréhension effective de la norme par chaque lecteur, ce qui signifie que les intentions des rédacteurs de la norme soient comprises et que les concepts véhiculés dans les textes puissent être reconnus par les lecteurs. Dans cette perspective, la qualité de la communication spécialisée (et cela inclut la traduction) dépend en grande partie de la qualité et de la précision du travail terminologique qui accompagne l’élaboration des normes. C’est la raison pour laquelle des normes relatives aux principes et méthodes de la terminologie ont été établies et sont largement diffusées par différents moyens dans les milieux professionnels de la normalisation technique et de la traduction. Il existe au sein de l’ISO un comité technique spécialisé (le CT 37) dans les questions de terminologie et des ressources linguistiques [17]. Ce comité technique est notamment chargé d’élaborer des normes sur les principes et méthodes de la terminologie qui sont de plus en plus utilisées dans la collecte le traitement et la diffusion des terminologies. Terminologie, autres ressources langagières et contenus Mission : Normalisation des principes, méthodes et applications relatives à la terminologie, autres ressources langagières et contenus dans les contextes de la communication multilingue et de la diversité culturelle.
Sous-comité 1 : Principes et méthodes
Le document fondamental en matière de principes et de méthodes est la norme ISO 704 intitulée justement "Travail terminologique – Principes et méthodes". L’objectif principal de ce document est d’offrir aux comités de normalisation terminologique et aux autres spécialistes de la terminologie un cadre méthodologique pour l’élaboration et la diffusion des terminologies, notamment en ce qui concerne l’identification, l’analyse et la modélisation des concepts, de même qu’à leur définition ainsi qu’au choix des termes les plus appropriés dans les différentes langues pour assurer l’intercompréhension. Cependant, en cette matière, force est de constater que même dans une seule langue comme l’anglais, l’espagnol le français et le portugais, les usages terminologiques peuvent varier d’un pays à l’autre, ce qui rend difficile le choix d’un terme unique pour désigner un concept donné. Il en va de même parfois en ce qui a trait à la définition des concepts eux-mêmes, dans la mesure où les concepts se forment et se définissent toujours dans un contexte culturel particulier et que la formation des concepts est liée aux modes d’appréhension du réel et aux modes d’apprentissage et d’élaboration du savoir. Comment alors, dans ces conditions, s’assurer que la normalisation terminologique tiendra compte de cette diversité "linguistico-culturelle", en permettant à chacun de s’y retrouver ? Pendant longtemps, les différents spécialistes de la terminologie ont préconisé l’usage d’un terme unique pour désigner chaque concept individuel d’une langue donnée. L’ISO elle-même avait déjà publié dans les années soixante une norme intitulée l’"Unification internationale des concepts et des termes" et qui faisait autorité. Toutefois l’introduction des méthodes de la sociolinguistique dans la terminologie et l’intérêt grandissant pour le concept de diversité culturelle et linguistique a permis l’émergence d’une nouvelle conception de la normalisation terminologique dans laquelle le travail d’harmonisation terminologique se fonde justement sur la description et la reconnaissance des usages des différentes communautés de locuteurs. Ainsi, le Comité technique 37 travaille actuellement à la mise à jour de sa norme ISO 860 sur l’harmonisation des concepts et des termes. Dans cette perspective, tout en cherchant à réduire les écarts et les différences inutiles, l’harmonisation des termes conduira soit à la désignation, dans des langues différentes, d’un même concept par des termes qui reflètent des caractères identiques ou similaires, soit à l’établissement de l’équivalence entre deux ou plusieurs termes ou à la reconnaissance d’une synonymie et d’une variation terminologique dans une même langue. Cette approche respecte la diversité et les usages établis tout en assurant l’intercompréhension, dans la mesure où les différences sont décrites et reconnues. Ces deux documents normatifs seront d’ailleurs accompagnés d’un autre document méthodologique intitulé Guide pratique pour la socioterminologie. Ce Guide aura pour objectif d’élaborer des orientations méthodologiques pour l’interprétation et l’usage des autres documents normatifs du CT 37 dans la perspective de la diversité culturelle et linguistique. Le Guide vise à répondre aux exigences du marché linguistique qui oscillent entre le pôle de la localisation et celui de l’intercompréhension et à promouvoir cette nouvelle conception de la normalisation et de l’harmonisation terminologique qui tient compte du social linguistique. Dans ce guide, il sera notamment question de :
Il m’apparaît important que, dès leur publication en anglais et en français par l’ISO, ces documents méthodologiques puissent être traduits et adaptés dans d’autres langues comme l’espagnol et le portugais, de manière à diffuser le plus largement possible ces méthodes de travail destinées à mieux conduire le travail de normalisation terminologique, au service de la communication spécialisée et de l’intercompréhension des communautés linguistiques.
Calvet, Louis-Jean – Pour une écologie des langues du monde. Paris, Plon, 1999. 304 p. Organisation internationale de normalisation. Commission électrotechnique internationale. Deutsche Institut für Normung (Allemagne). Associaçao Brasileira de Normas técnicas. Association française de normalisation. Asociación Española de Normalización y Certificación. Instituto nacional de normalización (Chili). Source : Rapport annuel de l’ISO pour 2004. American National Standard Institution. Édith Bédard et Jacques Maurais, "Réflexions sur la normalisation linguistique au Québec", La norme linguistique, Québec-Paris, Conseil de la langue française/Le Robert, 1983, 850 p. Le texte qui suit est extrait des Directives ISO/CEI sur les procédures pour les travaux techniques. Normalisation et défi du multilinguisme, Paris, AFNOR, 2001. p. 21. Il s’agit du Comité technique 37 de l’ISO intitulé "Terminologie, autres ressources langagières et contenu".
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