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Les ressources linguistiques en ligne


Tina Célestin - Office québécois de la langue française

 

Introduction

Depuis plus d’une dizaine d’années, au Québec comme ailleurs, la question sur les conséquences linguistiques découlant des processus de mondialisation et d’intégration économique se pose de manière récurrente et de façon de plus en plus structurée. Notre regard porte sur l’avenir des langues dans notre zone des Amériques, avenir qui se joue sur la scène internationale. D’où la proposition naturelle d’envisager des mesures internationales en matière de politique linguistique.

Évidemment, le déséquilibre des forces linguistiques en cause sur notre continent fait réfléchir aux enjeux, et la sensibilité du sujet nous permet de croire que nous pourrons modifier la situation, si nous mettons en œuvre des initiatives et des partenariats stratégiques visant le respect et la valorisation de la diversité linguistique. Même si la langue prédominante sur Internet reste l’anglais, des observateurs constatent que, depuis 1998, il y a eu une progression constante de la présence des langues néolatines, dont le français, le portugais et l’espagnol [1]. Dans ces circonstances, il est utile de souligner qu’en avril 2006, madame Line Beauchamp, ministre de la Culture et des Communications du Québec, a réaffirmé son appui à la diversité culturelle, en disant :

"Nous avons le devoir, avec les autres États francophones, de nous assurer que cette langue [le français] demeure une composante majeure du patrimoine universel. Et c’est dans cet esprit, par exemple, que le Québec et le Canada ont ratifié la convention de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles […]" [2].

Pour sa part, l’Office québécois de la langue française, une des institutions du Québec dans ce domaine, responsable de la définition et de la conduite de la politique linguistique québécoise, contribue à la réalisation de cette orientation gouvernementale, en veillant au maintien du statut du français sur son territoire national et en favorisant le multilinguisme institutionnel et commercial sur le plan supranational ou international.

Après Québec et Asunción, nous aborderons aujourd’hui, à Rio, la diversité linguistique sous l’angle des politiques éditoriales et des technologies pour la diffusion des langues. Plus précisément, nous traiterons des "ressources linguistiques en ligne", soit des ressources concernant le "français", dont la présence sur Internet a tendance à augmenter plus vite que l’espagnol et le portugais. Paraît-il que nous devons cet essor, entre autres choses, à une politique volontariste de la Francophonie pour la production de contenus.

Nous développerons ce thème en rappelant les objectifs de notre session, en faisant des observations sur la diversité de ces ressources en ligne et sur la nécessité qu’elles représentent pour le développement de l’industrie de la langue. Nous conclurons en proposant des mécanismes de coopération pouvant favoriser la réalisation de certains des objectifs de ce séminaire.

 

1. Les objectifs de la session, tendances et croyances

Parmi les recommandations émises lors du dernier séminaire d’Asunción, trois sous-tendent les objectifs qu’on nous a indiqués comme étant reliés à cette cinquième session du séminaire d’aujourd’hui. Nous les reprenons donc parce qu’elles ont guidé notre réflexion :

1° "[…] contribuer à la compilation terminologique et à la création de nouveaux termes, pour renforcer les langues parlées dans le continent, en tirant partie du patrimoine déjà existant et en favorisant le développement de nouvelles recherches" (R-9). Cette recommandation s’apparente à la résolution émise à Québec proposant "que les organismes interaméricains se dotent d’infrastructures terminologiques chargées d’établir des terminologies multilingues dans les domaines utiles et prioritaires pour le processus d’intégration" (R5.1e).

2° "[…] encourager le développement des industries de la langue, en particulier, de systèmes multilingues de traduction automatique, afin de doter les langues du continent de ressources technologiques qui leur permettent de participer à l’Internet […], ce qui contribuera à contrecarrer la tendance à l’hégémonie d’une seule langue (l’anglais, en particulier dans ces domaines)" (R-11).

3° "[…] établir des mécanismes de coopération entre tous les pays pour faciliter l’échange de ressources matérielles et intellectuelles destinées spécifiquement à équiper adéquatement et équitablement les langues du continent" (R-12).

En ayant ces objectifs à l’esprit, nous pensons utile de rappeler certaines tendances et croyances qui expliquent des positions prises et qui peuvent orienter les positions à prendre en matière de politiques linguistiques au sein des Amériques. Il s’agit, en l’occurrence, de celles-ci :

1° Les processus de mondialisation et d’intégration économique sont à la base de notre préoccupation culturelle et linguistique, et le développement des affaires électroniques progresse plus rapidement que le développement des relations culturelles et linguistiques.

2° La présence en ligne d’une langue constitue sa garantie d’existence et de développement (seules les langues qui sont diffusées dans Internet survivront et se développeront). Favoriser par conséquent sa présence signifie "favoriser l’équité culturelle et linguistique".

3° Le renforcement d’une langue passe, entre autres choses, par sa diffusion à côté d’autres langues, ce qui engendre un effet multiplicateur.

4° La sensibilité aux réalités linguistiques de chaque État ou pays s’accroît tout comme le désir d’aller vers un monde multipolaire au niveau supranational ou international.

5° Les technologies constituent en effet un levier important pour la promotion d’une langue et la communication entre les cultures. Cependant, elles peuvent devenir un frein si elles ne sont pas en mesure de s’adapter entièrement à une langue.

En fait, nous croyons à la nécessité que les États et les pays se dotent d’une politique linguistique nationale qui prenne en compte l’impact des enjeux linguistiques créés par l’apparition du Web, par l’évolution technologique, par les processus de mondialisation et d’intégration économique et par la conscientisation des enjeux relatifs à la diversité culturelle et linguistique.

Il n’est pas évident en effet que les politiques nationales se positionnent aujourd’hui clairement par rapport à ces phénomènes qui déséquilibrent le statut des langues.

Au-delà d’une politique interne, nous croyons également qu’il serait utile de se doter d’une politique linguistique internationale et interaméricaine qui permette la promotion et le développement équitables des cultures et des langues.

 

2. La diversité des ressources linguistiques en ligne : collecte et création de termes

Pour traiter ce sujet et, en tenant compte que nous nous intéressons à la langue française, nous avons pensé mettre en avant divers outils de collecte linguistique ou terminologique ou des outils qui servent à la rédaction terminologique et qui sont diffusés en ligne. Certains de ces outils sont à la portée de tous les publics parce qu’ils sont consultables gratuitement, d’autres sont accessibles seulement à un public plus restreint formé de membres, ou encore sont consultables dans les intranets. Enfin, d’autres sont payants.

Les outils sont diffusés parfois de manière "isolée"ou "regroupée en des ensembles d’outils de taille plus ou moins grande". D’ailleurs, cette façon de les présenter reflète une caractéristique des stratégies utilisées par les producteurs et diffuseurs de ces outils, qui agissent en fonction des mandats de leur organisation ou du plan d’affaires de leur entreprise. Souvent des produits très intéressants voient le jour et, malheureusement, bon nombre d’entre eux ne sont pas mis à jour ou disparaissent. À la recherche de produits types pour expliciter la diversité des ressources en ligne, nous avons constaté la minceur des contenus terminologiques et néologiques en ligne. En effet, souvent, ces ressources consultables gratuitement le sont parce que les gouvernements ont financé leur diffusion, ou alors parce qu’elles sont de taille petite ou moyenne. Le marché des contenus terminologiques en ligne nous a paru être fort dynamique, toutefois très inégal et instable.

S’il est pratique de mentionner à titre d’exemple la présence de certains produits en ligne, il est clair pour nous que leur mention ne prétend pas leur attribuer un label de qualité et que nous avons un devoir de retenue. Toutefois, nous pouvons identifier dans le cyberespace une gamme de produits, comme :

des banques de données terminologiques, bilingues ou multilingues [3] ; certains de ces corpus de données terminologiques mettent à la disposition du public ou exclusivement de membres abonnés, ou encore, seulement de leurs partenaires, leur logiciel de production et de diffusion terminologique ;

des bases de données néologiques [4]  ;

des banques de données textuelles, générales ou spécialisées [5]  ;

des bases de données linguistiques [6]  ;

des thésaurus, généraux ou spécialisés [7], dont il convient qu’ils soient basés sur le découpage économique, qui sera de plus en plus semblable pour tous ;

des banques ou des bases terminologiques "fusionnées ou reliées entre elles" [8] ;

des bases de termes tirés de "sites de données terminologiques" portail [9] (un complément aux banques de terminologie) ;

des bases documentaires dans lesquelles sont recensées des références d’ouvrages terminologiques en lignes ou publiés [10]  ;

des portails ou infoports [11].

Sur les inforoutes, nous pouvons également repérer et traiter les contenus terminologiques grâce au rôle que nous faisons jouer à :

de la formation en ligne [12] ;

des listes de distribution ;

des forums avec modérateur [13]  ;

des groupes de discussion.

En tant que contenus disponibles en français, est-ce que les ressources terminologiques en ligne sont suffisantes ? Nous avons nous même constaté que bon nombre de ressources sont dans les intranets, ce qui ne permet pas leur accès à tous. Une réponse tout à fait partielle, à cause des internautes ciblés, nous est donnée par une récente étude que le Commissariat aux langues officielles a fait mener. Publiée en 2005 [14], l’étude, portant sur les langues officielles du Canada sur Internet, faisait état des plus importants enjeux soulevés par Internet :

"Il faut continuer d’investir dans la numérisation des contenus en français, car le fossé numérique entre les francophones et anglophones canadiens est toujours considérable ; il faut aussi entreprendre un projet de numérisation du patrimoine francophone à l’échelle internationale.

"Il faut accélérer les activités de recherche et de développement portant sur les outils technolinguistiques afin d’augmenter la productivité des travailleurs de la langue et pour permettre aux Canadiens et aux Canadiennes de pleinement profiter des ressources sur le Web.

"Il faut continuer de fournir des efforts pour faire en sorte que les ambassades étrangères à Ottawa offrent des sites bilingues.

"Il faut renforcer la présence des langues latines des Amériques sur Internet en créant un réseau interaméricain de promotion de ces langues".

Cette étude, qui montre la préoccupation du gouvernement canadien face aux "[…] stratégies à adopter pour faire d’Internet un formidable levier culturel, social et économique pour les francophones et les anglophones" [15], tend à prouver, entre autres choses, que le degré de satisfaction des francophones au Canada doit être augmenté. Cette étude ne se réfère pas aux ressources terminologiques exclusivement, mais bien à toute ressource en français et en anglais.

En référence au dernier enjeu concernant le renforcement de la présence des langues latines des Amériques sur Internet, il nous paraît fort important de rappeler, dans le cadre des objectifs de cette session, la nécessité, exprimée depuis Cotonou, d’associer la promotion du français au multilinguisme. Pour le répéter encore une fois, insistons sur le fait que, sur le plan international, la promotion du français ne peut se faire que dans le contexte général de la promotion de la diversité culturelle et du multilinguisme, en opposition au "tout en anglais". N’oublions pas que l’on a également formulé la nécessité de développer des "outils multilingues" pour réaliser la collecte des terminologies multilingues existantes et pour faciliter la création de termes et de néologismes permettant la description et la dénomination des nouvelles réalités en plusieurs langues.

En guise de contribution concrète, et en lien avec une des recommandations faites à Québec et à Asunción, l’Office québécois de la langue française a investi dans la conception d’un nouveau système intégré de production, de gestion et de diffusion multilingue des données du Grand dictionnaire terminologique (GDT). Ainsi, au cours de l’été 2006, nous effectuerons une série de tests avec ce nouveau logiciel et nous inviterons les institutions et les groupes intéressés qui désirent s’associer à nous, à le valider en vue de la collecte et de la production de termes dans n’importe quelle langue partenaire du français.

Nous avons à l’Office des politiques éditoriales pour l’élaboration du contenu du GDT et pour la diffusion de ce contenu. Elles traitent de questions de norme linguistique tout comme d’éléments de partage de données, d’échanges de données, de diffusion de données, de signatures des auteurs, etc. Nous devrons les revoir en tenant compte de la disponibilité de cet outil multilingue et des partenariats multilingues qui seront conclus. Selon les partenaires et les possibilités de chacun, les termes du partenariat à établir pourront varier.

 

3. L’industrie de la langue : des outils technolinguistiques

L’industrie de la langue utilise les ressources linguistiques ou les contenus dont nous venons de parler, pour se développer certes, mais aussi dans le but de faciliter l’intercompréhension culturelle, informationnelle, économique. Pour l’avenir d’une langue, du point de vue de la promotion de la diversité culturelle et linguistique, il importe d’appuyer le développement d’outils technolinguistiques qui permettent l’accès de tous les publics aux contenus Web produits dans cette langue. En plus d’augmenter la demande locale, des chercheurs estiment que la facilité d’accès pourrait, également, avoir pour effet d’augmenter la demande internationale pour ces contenus.

La volonté de certains gouvernements d’établir des relations avec les citoyens et les citoyennes via le Web, fait accroître le besoin d’outils technolinguistiques permettant aux Administrations en ligne de fournir des services de façon plus efficiente et efficace. Ainsi, par exemple, au gouvernement fédéral du Canada, "l’utilisation du Web a entraîné une hausse des besoins en traduction : les ministères et les agences peuvent afficher un document sur les sites dont ils sont responsables seulement si ce document est offert dans les deux langues officielles". Et l’expansion des sites Web gouvernementaux nécessite des ajustements des politiques linguistiques gouvernementales qui doivent prendre en compte la révolution Internet.

En somme, il ne suffit pas de numériser les contenus, il faut encore se doter d’instruments aptes à les indexer et à les retrouver par la forme ou par le sens (on parle alors de Web sémantique). La création du Centre de recherche en technologies langagières (CRTL) dans la région de la capitale nationale du Canada montre l’attention prioritaire que le gouvernement fédéral accorde à cette question.

Lorsqu’on parle de développer l’industrie de la langue, nous pensons surtout à des outils linguistiques [16] comme :

les moteurs de recherche et de navigation sémantique [17] (pour l’Internet et l’intranet) ;

les métamoteurs [18] ;

les traducteurs mot à mot  [19];

les définisseurs mot à mot  [20];

les traducteurs automatiques  [21];

les logiciels d’aide à la traduction  [22];

les correcteurs orthotypographiques  [23];

les outils facilitant l’activité résumante [24] ;

les outils de recherche avec description structurée des métadonnées (pour décrire les documents, par exemple, thésaurus, ontologies)  [25];

les logiciels de recherche phonétique (orthographe approchée) ;

les outils de reconnaissance de la parole  [26]; etc.

À la base de la présence de ces outils technolinguistiques se trouvent les ressources contenues dans les outils de collecte et de production terminologique dont nous venons de parler. Or, plus ces outils de collecte seront riches en contenus (par exemple, présence de définitions de termes) et les données seront balisées, plus les outils technolinguistiques seront performants pour tous. Les échanges économiques, culturels et linguistiques seront facilités et enrichis d’autant.

Également, plus les contenus seront multilingues et démocratisés, plus les outils technolinguistiques pourront être démocratisés. Nous savons que les affaires électroniques auront intérêt à se développer en prenant en compte la langue et la culture du consommateur qui sera davantage attiré par des sites "localisés". Les consommateurs seront servis dans leur langue, et les langues se développeront "équitablement". Les experts nous avertissent du besoin de formulation de politiques de diffusion des contenus linguistiques afin que l’évolution des technologies de l’information joue en faveur de la diversité linguistique.

 

4. Des éléments de coopération : des mécanismes et des outils

Il est certes téméraire de se prononcer sur des avenues de coopération, étant donné le niveau différent des pays ou États faisant partie des Amériques qui sont sensibilisés et s’intéressent aux effets de l’influence des processus de mondialisation et d’intégration commerciale sur leur situation linguistique. Toutefois, nous savons tous que le Web représente un levier puissant pour la promotion et le développement d’une langue, et cela devrait nous inciter à agir.

Dans un premier temps, nous voudrions rappeler des conseils qui ont déjà été formulés et qui sont relatifs à la coopération, tels que :

faire valoir auprès des gouvernements que les intérêts économiques sont à la base de l’utilisation des langues par les citoyens ou les consommateurs. Les affaires électroniques vont plus vite que les relations humaines.

sensibiliser les gouvernements pour qu’ils se dotent de politiques linguistiques nationales et supranationales ou internationales, car les gouvernements ont la responsabilité d’être des visionnaires et d’accompagner les citoyens tout comme les industriels dans les révolutions sociales et technologiques qui s’annoncent. Ainsi, ils pourront, par exemple, favoriser l’harmonie entre les objectifs poursuivis par les marchés commerciaux, industriels, culturels et linguistiques.

Dans un deuxième temps, nous tenons à soumettre des propositions qui, croyons-nous, devraient apporter une contribution concrète aux besoins de toutes les parties en cause, dans l’optique de viser à moyen et long terme un meilleur équilibre entre les langues.

1re proposition : s’assurer que les politiques linguistiques gouvernementales, nationales et internationales ou interaméricaines intègrent des éléments visant à :

soutenir la numérisation de corpus terminologiques déjà existants ainsi que la collecte et la production de nouvelles ressources terminologiques et linguistiques multilingues, nécessaires à l’interaction humaine sur Internet ;

soutenir leur diffusion gratuite, en ligne. "Il faut évidemment empêcher l’appropriation à des fins commerciales de l’information numérisée en exigeant des droits de diffusion ou d’exploitation de cette information." [27] ;

renforcer, grâce à ces ressources libres et gratuites, le développement d’outils technolinguistiques multilingues pour garantir une véritable diversité linguistique.

2e proposition : soutenir les États, les pays ou les groupes qui ont besoin d’une banque de terminologie multilingue, pour qu’ils identifient celle qui répondrait le mieux à leurs besoins de collecte et de création terminologique et néologique.

Dans ce cadre, l’Office québécois de la langue française concrétise cette proposition en se déclarant en faveur de partenariats institutionnels et prêt à :

"mettre à la disposition d’institutions ou de groupes de partenaires" le nouveau "système intégré de production, de gestion et de diffusion" de sa banque, Le grand dictionnaire terminologique en sa version multilingue (à cette fin, il est prêt à accueillir des "stagiaires" provenant des Amériques) ;

"échanger des terminologies" concernant, en particulier, les trois langues partenaires du français (espagnol, portugais, anglais) et également les autres langues de notre continent ;

réaliser des "projets terminologiques multilingues" à l’aide du nouveau système multilingue.

Pour la réalisation de ces partenariats, l’Office proposera qu’il y ait des "responsables par langue ou par grand projet" qui soient chargés de la coordination des travaux menés par les partenaires d’une même langue.

3e proposition : Soutenir le développement de versions en portugais, espagnol et, éventuellement, en d’autres langues, de la nouvelle base de termes français, appelée Inventerm. Cette base, créée en 2005, grâce au soutien financier de l’Organisation internationale de la Francophonie, rend actuellement disponible environ 600 000 termes français, accompagnés de définitions, de contextes, de synonymes et d’"équivalents dans d’autres langues".

Les bases qui pourraient être développées pour le portugais, l’espagnol et d’autres langues, pourraient profiter de l’expérience francophone déjà acquise. Ainsi, les diverses bases Inventerm partageraient une plateforme technologique uniforme et un même lieu de traitement [28]. Ce projet donnerait naissance à un corpus terminologique multilingue constitué de manière efficace et efficiente et géré par des institutions appropriées selon la langue traitée.

 

En conclusion : l’appui renouvelé à la diversité culturelle et linguistique

Nous terminons cette présentation en rappelant la position gouvernementale du Québec que nous avions fait connaître à Asunción parce qu’elle est inchangée et très actuelle :

"L’intensification des liens avec le reste des Amériques [au-delà des relations avec les États-Unis] représente des occasions d’affaires, mais aussi des occasions de partager des préoccupations communes. C’est ainsi que nous nous présenterons comme un défenseur acharné de la diversité culturelle. Le Québec sera de toutes les batailles afin de conserver son droit de promouvoir sa culture. Nous ne céderons jamais sur notre détermination à exclure la culture de tous les accords de libéralisation commerciale. […] Notre gouvernement affirmera la présence du Québec sur la scène internationale. Les sociétés comme le Québec, qui n’ont pas l’avantage du nombre, ont un devoir d’audace" [29].

Dans la continuité de ce discours, le gouvernement du Québec a secondé le Canada qui, avec la France, a parrainé la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Et, comme nous le savons tous et toutes, le 20 octobre 2005, l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a approuvé cette convention dans laquelle on rappelle, entre autres, que la diversité linguistique est un élément fondamental de la diversité culturelle.

Quelques mois plus tard, le 5 mai 2006, dans la ville de Québec, a été signé un Accord entre le gouvernement du Canada et le gouvernement du Québec relatif à l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO). L’accord débute en "reconnaissant qu’au Canada, la spécificité du Québec, fondée entre autres sur l’usage de la langue française et une culture unique, l’amène à jouer un rôle particulier au niveau international".

Ces événements nous convainquent que les rencontres comme la nôtre sont nécessaires parce qu’elles contribuent à l’avancement des objectifs que sont la promotion et la réalisation de la diversité culturelle et linguistique.

 

[1] Langues et cultures sur la Toile 2005 : étude menée conjointement par l’ONG Funredes et l’OIG Union latine, avec le soutien de la Délégation générale à la langue française et aux langues de France, 2005 [http://dtil.unilat.org/LI/2005/index_fr.htm].

[2] QUÉBEC. ASSEMBLÉE NATIONALE. 37e LÉGISLATURE, 2e SESSION, Journal des débats de la Commission de la culture. Étude des crédits du ministère de la Culture et des Communications (1) : volet Charte de la langue française, vol. 39, no 8, mardi 25 avril 2006, p. 4 de 8
[www.assnat.qc.ca/fra/37Legislature2/DEBATS].

[3] CILF (Conseil supérieur de la langue française), Base de terminologie
[www.cilf.org/bt.fr.html] ;

CRITER [www.criter.dglf.culture.gouv.fr/pls/DGPB/rechercher.recherche_fiche_
service?action=Consulter
] ;

La banque de données terminologique du Service de la langue française du ministère de la Communauté française de Belgique [www.cfwb.be/franca/bd/bd.htm] ;

OQLF, Le grand dictionnaire terminologique (GDT) [www.granddictionnaire.com] ;

Termdat [www.admin.ch/ch/i/bk/termdat/f/termdat/index.htm] ;

Termium [www.termium.gc.ca/site/accueil_home_f.html] ;

UNITED NATIONS EDUCATIONAL, SCIENTIFIC AND CULTURAL ORGANIZATION, UNESCOTERM [termweb.unesco.org] ;

UNTERM (United Nations Multilingual Terminology Database) [unterm.un.org].

[4] UNIVERSITÉ LAVAL, Base de données néologiques du français québécois.

[5] QUÉBEC. SECRÉTARIAT À LA POLITIQUE LINGUISTIQUE, Corpus lexicaux québécois [www.spl.gouv.qc.ca/corpus/index.html] ;

Eureka (corpus journalistiques) [www.eureka.cc/Eureka/NonMembers/frame_intro.asp].

[6] OQLF, Banque de dépannage linguistique (BDL) : ensemble de règles typographiques et grammaticales [www.oqlf.gouv.qc.ca/ressources/bdl.html] ;

CANADA. BUREAU DE LA TRADUCTION, Boîte à outils linguistiques [www.translationbureau.gc.ca/pwgsc_internet/en/outils_tools_f.htm] ;

La Trousse LARA (France) [www.fonction-publique.gouv.fr/dusa/cosla/index.htm].

[7] Cit@tion [www.citation.libre.sma.qc.ca/oravixit/Vixit/Vixit.asp?P=Accueil&T=Cit%40tion] ;

Thésaurus de l’UNESCO
[databases.unesco.org/thesfr/].

[8] IATE (Inter-Agency Terminology Exchange) : nouvelle base terminologique européenne [https://iate.cdt.eu.int/iatenew/login.jsp].

[9] INVENTERM [www.inventerm.com].

[10] Kenza Cherkaoui MESSIN, Dictionnaires bilingues français - langues de l’Union européenne
[: rapport], Projet "Langues du monde" - Première partie, Paris, Centre national du livre et Délégation à la langue française et aux langues de France, juin 2005
[www.centrenationaldulivre.fr/Rapport-sur-les-Dictionnaires] ;

OQLF, Inventaire des travaux terminologiques publiés [www.oqlf.gouv.qc.ca].

[11]Terminometro (portail thématique multilingue sur la terminologie et les disciplines associées)
[www.terminometro.info/modules/divers/recherche_termes/ index.php?ln=fr] ;

EducNet [www.educnet.education.fr/] ;

OQLF, Liens utiles [66.46.185.83/liensutiles/index.asp].

[12]CANADA, BUREAU DE LA TRADUCTION, Le Pavel (didacticiel de terminologie) [www.termium.gc.ca/didacticiel_tutorial/francais/lecon1/indexe_f.html].

[13] Wikidémie [fr.wiktionary.org/wiki/Wiktionnaire:Wikid%C3%A9mie].

[14] COMMISSARIAT AUX LANGUES OFFICIELLES, Combler le fossé numérique des langues officielles sur Internet, septembre 2005, p. 4 de 49
[www.ocol-clo.gc.ca/archives/sst_es/2005/lang_internet/lang_internet_2005_f.htm].

[15] Ibid., p. 26.

[16] OBSERVATOIRE DU TRAITEMENT INFORMATIQUE DES LANGUES (OTIL), Inventaire francophone du traitement automatique des langues [cfwb.otil.org].

[17] Par exemple, LookWayUp [lookwayup.com/free/dictionary.htm] ;

RetreivalWare [convera.com/products/retrievalware/].

[18] Par exemple, Ixquick [ixquick.com/fra/].

[19] Par exemple, le traducteur mot à mot de Google ;

Alexandria [www.memodata.com/2004/fr/company.shtml].

[20] Par exemple, la commande Define de Google ;

Alexandria [www.memodata.com/2004/fr/company.shtml].

[21] Par exemple, Systran [www.systran.fr/index.html] ;

Reverso [www.reverso.net/text_translation.asp?lang=FR].

[22] Par exemple, Multitrans [multicorpora.com/MultiTrans4overview_f.html] ;

Gist-In-Time [www.alis.com/fr/news_Release5_17052004.html].

[23] Par exemple, Antitode [www.druide.com/antidote.html] ;

Le Correcteur 101
[www.arcenplume.ca/correction.htm].

[24] Par exemple, Pertinence [pertinence.net/index.html].

[25] Par exemple, les produits de la compagnie Adobe permettent l’insertion de métadonnées RDF dans les pages Web. Les moteurs de recherche actuels sont en mesure d’exploiter les métadonnées du Web sémantique.

[26] Consultez ce portail hébergé par l’Université de Montréal : [www.esi.umontreal.ca/~leboeufm/blt6134/logiciel.html].

[27] Mesurer la diversité linguistique sur Internet, [publié dans le cadre du] Sommet mondial sur la société de l’information, Paris, UNESCO, 2005, p. 39.

[28] La conception de la base francophone et le traitement sont réalisés par la Société de mathématique appliquée inc.

[29] Allocution prononcée le 7 mai 2003 par le premier ministre du Québec, monsieur Jean Charest, à l’occasion de la Conférence de Montréal [www.premier.gouv.qc.ca/general/discours/2003/mai].

 

 

 

 

 

 

 

III SÉMINAIRE INTERAMÉRICAIN SUR LA GESTION DES LANGUES:
Les politiques linguistiques au sein des Amériques dans un monde multipolaire - Actes
Edition organisée par l’Union latine - ISBN: 85-7749-013-0
2006

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