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« Une dizaine d'administrateurs de tout poil complétaient l'ensemble, qui s'intitulait National de l'Unification, ou, par abréviation, le CNU [1]. L’immeuble abritait encore quelques Inspecteurs généraux, anciens soudards retraités, qui passaient le plus clair de leur temps à ronfler aux réunions techniques, et ce qui leur en restait à parcourir la contrée sous le couvert de missions leur donnant un prétexte pour rançonner les adhérents dont les cotisations permettaient au CNU de subsister tant bien que mal. Afin d’éviter les abus, le gouvernement, ne pouvant freiner d'un coup l'acharnement des Ingénieurs principaux Miqueut et Touchebœuf à élaborer des Nothons, avait délégué, pour le représenter et superviser le CNU un brillant polytechnicien, le Délégué Central du Gouvernement Requin, dont la tâche consistait à retarder le plus possible l'aboutissement des Nothons...[...]...que penser d'un pays où l'on donne cent centilitres pour un litre et où un boulon garanti pour résister à quinze tonnes tient le coup sous une charge de 15000 kilos ? Heureusement, les professions intéressées, prenaient, avec l’appui du Gouvernement, une part prépondérante à la création des Nothons, et les établissaient de telle façon que des années devenaient nécessaires à leur déchiffrage : au de ce temps on en préparait une révision. »
Nous[3] sommes très impressionnés d’être invités ici à Bucarest dans un colloque de traductologie. Qu’il soit clair dès le début que nous ne sommes ni traductologues, ni terminologues et encore moins traducteurs ou interprètes. Les instances de normalisation ont une importance grandissante dans la gouvernance technique du monde. Pour beaucoup de traducteurs professionnels présents ici la normalisation est une activité que vous avez du déjà croiser mainte fois car elle est souvent prescriptrice de traductions techniques... quoique les experts en normalisation préfèrent souvent « bricoler eux-mêmes » leur versions multilingues, ce que nous tenterons sinon de justifier, au moins d’expliquer. Pour poser le problème nous partirons de deux concepts clefs, ceux de norme et standard et nous verrons (ce qui est source de nombreuses questions en matière de traduction et d’interprétations) que même les cultures linguistiques des langues européennes n’ont pas la même sémantique des termes ni le même découpage de conceptuel. Nous mettrons ensuite l’accent sur la situation particulière que constitue l’élaboration multilingues de documents normatifs. Comme nous le verrons cette élaboration peut exister à 2 niveaux :
Ce n’est qu’après avoir longuement exposé ce statut particulier du multilinguisme en normalisation et après avoir aussi présenté le contexte de la normalisation et de ses institutions que nous en viendrons aux terminologies qui sont fondamentales pour maîtriser ces situations multilingues. Nous présenterons Cartago (une base terminologique multilingue large langues) qui s’insère avec succès à ISO/IEC JTC1 SC36 [7]. Nous proposons ce terme de large langues volontairement accrocheur (construit sur le même patron linguistique que large bande (en anglais « broadband »: largement ouvert sur un grand nombre de fréquences et permettant de hauts débits.) pour bien signifier qu’à l’ère de la mondialisation il n’est plus temps de continuer à croire que des terminologies bi, voire quadrilingue continuent d’être suffisantes pour répondre aux besoins de la communication mondiale. Les technologies (notamment pour les terminologies sont maintenant susceptibles de s’ouvrir à un nombre extensif de langues (plusieurs dizaines dans un nombre maximum d’écritures. Nous ne prétendons pas que ce genre de projet soit facile à développer. Nous savons même qu’ils nous posent déjà, et qu’ils nous poseront dans le futur un maximum de problèmes tant techniques que conceptuels.
Différence sémantique en français entre standard et norme. En français norme et standard sont des mots qui restent longtemps des quasi-synonymes. Ils sont d'ailleurs souvent confondus par le grand public. Cependant une distinction s'établit entre standard et norme dès lors que notre monde technique a été contraint de systématiser une réglementation législative de la conformité des produits et services. Pour ce qui est des francophones c’est le terme d'origine latine norme [8] qui s’est ainsi spécialisé par opposition au standard [9] qui reste lui réservé à la dénomination de types, de processus de fabrication ou de services rationnellement produits à l’identique, mais sans qu’il y ait un processus institutionnellement identifié d’enregistrement de ces standards. Les États ou leurs regroupements sous forme de traités ou ententes se sont ainsi organisés en déléguant à des institutions nationales ou internationales de normalisation le soin d'animer l'élaboration et de rassembler des corpus de règles fixant les conditions de réalisation d'une opération, de l'exécution d'un objet ou d'un produit dont on veut unifier ou sécuriser l'emploi ou assurer l’interchangeabilité et l'interopérabilité. De ce fait, la norme tire sa force de son caractère juridique, ce qui ne signifie aucunement que toute norme s'impose par la force de la loi. Une norme peut-être très longtemps négligée au profit d'un standard mieux adapté à un usage. Toujours en français, le terme standard s’applique pour qualifier des règles élaborées soit dans le cadre du savoir faire interne d’un industriel, soit dans celui d’un consortium. « Au sens industriel, le standard est une méthode qui préconise l'utilisation d'un type déterminé, donné comme modèle, comme étalon, pour être sûr que les méthodes de fabrication et la qualité ne dégénéreront pas. Un standard est valable jusqu'à son remplacement par un autre mieux adapté. Ainsi le standard ne peut être un frein aux progrès, mais il permet d'avoir la certitude de ne pas revenir en arrière [10] ». On peut noter que la mondialisation des réseaux a aussi favorisé (dès le 19ème siècle mais plus encore maintenant avec l’Internet) la création de « standards négociés collégialement » (et non à l’intérieur d’une seule entreprise) qui dans certains cas s’imposent comme des quasi-normes: les recommandations du W3C par exemple. Il est clair cependant qu’en français nous disposons de 2 mots, correspondant à 2 concepts distincts, voire 3 si on considère un standard collégial comme conceptuellement distinct d’un standard industriel. En anglais par contre nous ne disposons que d’un seul concept [11] en fait générique des 2 (ou 3) concepts correspondant du français [12]. Nous nous trouvons donc pour des traductions techniques « anglais <- ->français » dans des situations de dissymétrie de la traduction terme à terme. En traduction « français -> anglais » les 2 termes norme et standard se traduiront indifféremment par standard. Par contre le traducteur de l’anglais vers le français sera en position d’indécidabilité hors du contexte.
Quelques remarques sur des langues qui déclinent deux termes venant du latin norma et de l’anglo-normand estandard Une situation comparable au français existe en espagnol estándar / norma, en italien standard / norma, en portugais padrão / norma, en neerlandais : standaard / norm, en allemand Standard / Norm ou en roumain standard / normă. Nous ne pouvons pas assurer par contre que les concepts correspondants à ces couples de termes correspondent exactement à la situation française. Nous pouvons cependant constater que les noms des instituts nationaux de normalisation lusophones, francophones, roumanophone, hispanophones, néerlandophones et germanophones [13] traduisent tous [14] le concept de norme ou normalisation par des termes dérivés du latin norma. Ce serait à vous tous, réunis ici, que nous poserions la question corollaire : qu’en est il pour ces langues de l’emploi (ou du non emploi) d’un terme distinct qui correspondrait au concept français de standard c’est-à-dire : standard industriel ou collégial à l’exclusion des normes enregistrées et éditées par un organisme officiel de normalisation ?
Variations sémantiques entre norme, standard industriel et standard collégial. Fonder le distinguo entre norme et standard sur la notion de légitimité institutionnelle des instances de normalisation peut paraître très artificiel pour les non spécialistes de la normalisation. Bien évidemment distinguer un standard industriel d’une norme est assez simple. Le standard est très souvent protégé au sein de l’entreprise comme un secret de fabrication. Il permet à toute une gamme de produit (par exemple l’ensemble bureautique Windows), d’être interopérable entre eux et avec un grand nombre d’autres produit avec lequel Microsoft à choisi de créer des passerelles d’interopérabilité. Mais à l’évidence ce standard crée une situation de monopole d’ailleurs très souvent dénoncée. C’est en fait le standard qui donne à l’entreprise une capacité de différentiation positive de son offre commerciale, donc un avantage concurrentiel. Corollairement le standard, du fait de sa position de monopole industriel conforte l’économie du développement des innovations. Pour l’utilisateur il est le surcoût à payer, comme on paie en pharmacie le développement des nouvelles molécules [15]. Mais, le standard industriel constitue aussi un frein à la volonté de l’usager (qui peut être aussi un autre industriel, une collectivité territoriale) de pouvoir déployer ses applications quand elles sont prisonnières de « solutions logicielles propriétaires ». Cette capacité d’ouverture, d’interopérabilité, seule la norme peut la lui donner car elle est par construction publique, ouverte et interopérable. En ce qui concerne le standard collégial, la distinction est beaucoup moins nette. Par exemple, on entend certains informaticiens s’inquiéter de ce que les recommandations du W3C ne soient pas d’office enregistrées en tant que normes. La raison est pourtant simple : les recommandations du W3C sont l’objet d’une négociation collégiale certes, mais limitée au métier et à la recherche en informatique. Les usagers et nombres d’Etats en sont exclus ce qui entraîne par exemple une prépondérance dominatrice des USA. Le W3C cherche aussi à imposer sa culture d’innovation informatique (des environnements de travail en perpétuels bouleversement) peu supportable par l’usager qui peut vouloir préférer un usage simplifié et sûr plutôt que de se sentir exclus face à une surenchère d’innovations permanentes qui lui est imposées [16]. En tant que professionnel de l’information nous pouvons fonder notre distinction sur un autre critère : la norme est toujours et exclusivement un document enregistré, édité. Celui-ci est en principe public [17]. La norme n’est pas un produit ou un service industriel : c’est uniquement un document administratif. Il est fréquent que plusieurs produits industriels correspondent à une norme unique. Dans ce cas il est quasi-obligatoire qu’ils aient été fabriqués chacun selon un standard industriel propre à l’entreprise productrice. Ces standards distincts peuvent ainsi se distinguer par des ajouts supplémentaires, des solutions techniques différentiés mais tous ces produits correspondent à la même norme [18]. C’est en cela que la norme se distingue du standard industriel : suite de protocoles et procédés, écrits ou non, par définition gardé secret par l’industriel ; ce dernier s’en servant comme avantage concurrentiel pour construire des produits ; quoique la logique du logiciel libre et ouvert brouille maintenant cette distinction. Par contre, c’est par abus de langage que beaucoup de personnes confondent : (1) le comité [19] qui produit la norme et qui est un groupe d’experts (2) le document normatif (dont il importe de distinguer les niveaux de finitude [20] et de révision) (3) la technologie correspondant aux spécifications de cette norme (4) les produits industriels conformes et labellisés comme tels.
Une question complexe mais déjà connu : l’élaboration parallèle de documents normatifs en plusieurs langues Nous abordons maintenant les problématiques de la traduction, ou plutôt de l’élaboration parallèle de documents normatifs en plusieurs langues Dans tous les cas on perçoit bien que la traduction de documents normatifs, et a fortiori l’interprétation des rencontres de commission de normalisation n’est pas une question triviale. C’est une question sur laquelle nous nous attarderons maintenant pour établir un lien d’usage entre la terminologie dans le contexte normatif et les métiers de la traduction et de la traductique. Les diplomates, les juristes et de plus en plus en plus le monde des affaires connaissent bien l’épineuse question qui consiste à élaborer en parallèle, en plusieurs langues, des traités, des dispositifs juridiques internationaux, des contrats ou tout autre document. La normalisation internationale constitue en fait une annexe technique de la diplomatie c’est pourquoi l’ISO ainsi que les grandes organisations de normalisation (IEC, UIT) sont toutes et rattachées aux Nations Unies et situées à Genève, ville bien connue des traducteurs et interprètes. En fait dans le monde de la normalisation, le multilinguisme est à prendre en compte à de nombreux niveaux que je vais rapidement lister : L’appréhension de concepts définis en consensus dans une ou plusieurs langues:
L’intercompréhension mutuelle des experts impliqués dans une démarche de normalisation :
Le process d’élaboration des normes et les conséquences pour leur appréhension multilingue
La « communication marketing » des instances normatives avec les différentes communautés linguistiques ou nationales d’usagers des normes:
Par contre dans nombre d’autre cas, la dissémination de la norme ne dépendra que de la capacité du métier concerné à s’approprier ces normes et à les intégrer dans le développement de leurs nouveaux produits et services. C’est la raison pour laquelle les instances de normalisation suscitent très souvent la création d’un groupe de travail spécialisé : un « marketing group ». Au SC36 c’est le RG1 (Rapporter Marketing group). Pratiquement tous les SCs du JTC1 disposent ainsi d’un « marketing group ». Le groupe marketing à plusieurs rôles : il peut être prospectif et enquêter, par exemple pour connaître les besoins des usagers de la famille de normes ; mais son rôle fondamental consiste à conduire une politique de communication de l’instance normative pour produire et faire produire des documents permettant de vulgariser la famille de normes que produit l’instance normative (le SC36 dans notre cas). Ce travail est assez simple dans les pays qui ont pour langue nationale la (ou les) langue(s) de travail du groupe normatif. Il suppose cependant dès ce niveau un important effort de localisation des concepts par rapport aux cultures, aux institutions et aux dispositifs législatifs ou réglementaires locaux. Pour les pays d’une autre langue que la langue de travail, la question se complique beaucoup. Cette communication marketing des normes est elle aussi une activité très délimitée pour laquelle des traducteurs professionnels (et/ou des équipements d’aide à la traduction) seraient utile
L’environnement mondial ou national de la normalisation et son mode de fonctionnement Nous attardons longuement sur la normalisation non seulement pour expliquer, mais aussi parce que l’organisation hiérarchique et fonctionnelle de ces différentes commissions, comités, sous-comités et autres sous niveaux de groupe de travail constituent un univers complexe qui pose de très nombreux problèmes de traduction et d’adaptation au réalité linguistiques, culturelles, économiques, organisationnelles de chaque nation. La question des sigle et acronymes qui servent à désigner ces instances normatives, ainsi que d’ailleurs que celles des nombreux processus d’élaboration des normes (décrit ci-dessus) est importante et nous avons déjà souligné plusieurs fois combien ces sigles compliquaient très souvent la communication multilingue. Doit-on traduire ces sigles ou acronyme, ou au contraire (c’est notre position) partager en commun entre un maximum de langues ces formes abrégée pour éviter la babélisation totale entre les experts. Là encore, nous faisons l’hypothèse que des outils terminologiques sophistiqués sont seuls à même de faire face aux enjeux de la mondialisation et de localisation des normes, d’où l’obligation de disposer d’une alliance comme Cartago pour aider à la maîtrise de ces questions dans le cadre de la normalisation des TICE. Au niveau international les instances principales de normalisation sont l’ISO [29], la CEI (en anglais IEC [30]), l’UIT (en anglais ITU [31]), et d’autres instances mais qui sont spécialisées hors du champ de la normalisation des TIC (Technologies de l’Information et de la Communication). A un niveau géographique plus régional nous trouvons le CEN. Au niveau national, la normalisation s’élabore grâce à des instituts nationaux, des NBs (National Bodies) dans le jargon de l’ISO. Ces NBs constituent des « miroirs » qui servent à relayer, à co-élaborer (notamment voter), à adapter, à discuter les normes internationales. Ces instituts nationaux sont aussi l’instance qui dans un pays organisent des normes nationales (le plus souvent en synergie mondiale mais quelquefois à l’écart, voire de façon contradictoires avec les normes internationales). Le CEN occupe une position intermédiaire : il n’est pas considéré comme une instance nationale (par exemple il n’a pas le droit de vote à l’ISO) mais suivant en cela les directives européennes, une norme européenne adoptée au CEN s’impose de facto dans tous les pays européens et vient remplacer les normes nationales correspondantes préexistantes. Attardons nous encore sur l’importante question du découpage institutionnel de la normalisation. Il ne peut être compris qu’autant qu’on considère l’histoire de la normalisation et l’entrée en lice progressive de nouvelles technologies électriques ou de communications qui ne pouvaient se développer si tous les acteurs du domaine (fut-ils concurrents) (1) ne développaient pas des réseau communs (électricité, télégraphe, radio et TV) (2) ne s’accordaient pas sur la normalisation de produits semi-finis (composants électriques et électroniques) à l’instar de leurs collègues de la métallurgie. La fin du 19ème siècle et la première moitié du 20ème siècle fut ainsi l’époque de création des grandes instances internationales et nationales de normalisation. La CEI [32] a été fondée en 1906, l’UIT [33] sous sa première appellation d'Union internationale du télégraphe est crée en 1865. L’ISO, elle aussi situé à Genève est fondée en 1947 pour achever l’organisation normative de la quasi-totalité des produits et services dans le monde. C’est le plus grand producteur et éditeur mondial de Normes internationales>et c’est aussi un réseau d'instituts nationaux de normalisation de 158 pays [34], selon le principe d'un membre par pays, dont l’ISO assure le Secrétariat central et la coordination d'ensemble. Parce que le nom "Organisation internationale de normalisation" et « International Organisation for Standardisation» aurait donné lieu à des abréviations différentes selon les langues (IOS en anglais et OIN en français), ses fondateurs ont opté pour un nom court, universel: "ISO". Ce nom est dérivé du grec isos, signifiant "égal". Quel que soit le pays, quelle que soit la langue, la forme abrégée du nom de l'organisation est par conséquent toujours ISO. Au niveau international la structure hiérarchique est relativement claire. L’ISO et l’IEC sont subdivisés en TCs (en anglais ISO Technical Committee en français AFNOR, CCN, NBN & SEE : Comité Technique : CT), eux même subdivisés en SCs (Sub- Committee [35] en français AFNOR, CCN, NBN & SEE [36] : Sous-Comité SC), eux même subdivisés en WGs (Working Group, en français AFNOR : Groupe d’Expert, GE par contre pour CCN, NBN & SEE : Groupe de Travail, GT). La traduction des noms et sigles des différentes instances, sous-instances et sous-sous-instances qui composent une instance nationale (voire la traduction en langue nationale des sous instances de l’ISO de l’IEC ou de l’UIT) peuvent apparaître comme successible d’améliorer la compréhension entre des experts (ou du public spécialisé) non obligatoirement anglophone. En réalité ces traductions (et pire encore le développement des sigles entraînent rapidement des confusions. En effet la structure hiérarchique des instances et sous instances des NBs devient vite très complexe (notamment parce qu’elle est rarement exactement similaire à la structure hiérarchique des instances internationales.
Le niveau international Dans les instances internationales (ISO, IEC et UIT [37]), la séparation en TCs [TGs], SCs [SGs] puis WGs est clairement la même pour tous les experts du monde entier. Elle est relativement uniforme et découpe les activités soumises à normalisation en autant de TCs, etc… L'ISO et l’IEC sont ainsi divisé chacun en environ 200 comités techniques (TC), tous chargé de normaliser un domaine particulier (Voir en annexe 1 des extraits des listes de comités). On peut souligner l’importance d’un TC très particulier, le JTC1 (Joint Technical Committee) commun à l’IEC et à l’ISO qui a été créé pour rassembler en autant de SCs des instances chargé de normaliser (à l’exception des TC37 et 46 de l’ISO la quasi-totalité des instances normalisant les TIC [38]. Insistons bien sûr sur la structure du SC 36 "Informatique pour l'éducation, la formation et l'apprentissage". Il se découpe au niveau international en 7 WGs, un SWG (Spécial Working Group) et un RGn°1 (Rapportor Group). Focalisons nous sur le premier Working Group nous concerne directement ici puisqu’il définit le vocabulaire (et non la terminologie) du domaine: l’ISO/IEC JTC1-SC36 WG1 (en forme courte SC36WG1, voire en contexte, WG1). Ne serait-ce qu’à ce niveau organisationnellement univoque nous laissons à penser la grande confusion qu’introduit la seule déclinaison de ces sigles en français (et/ou en russe, la 3ème langue de l’ISO avec l’anglais). En français nous pourrions donc écrire comme équivalant : ISO/CEI JTC1-SC36 GE1. Notons que nous n’avons jamais vu traduire JTC1, ni ISO (par définition), et nous avons la chance que Sub-Commettee se développe en français par Sous-Comité. Mais nous ne sommes ici qu’au tout début des confusions possibles. Jusqu’à présent nous n’évoquons qu’une dimension de complexité : celle dans laquelle nous pouvons décrire en n langues (et notamment dans les 3 langues officielles de l’ISO) un seul et même univers conceptuellement cohérent, celui des institutions internationales de normalisation découpées en TCs, SCs et WGs plus quelques sous découpages atypiques (RGs, Comités bis, SWG, Special Working Group…). Evidement tous les rédacteurs d’un document sont libres et on ne peut empêcher un expert du SC36 de rédiger un document dans lequel en contexte il référera au WG4 ou au RG1. L’inconvénient, c’est que sorti de son contexte un tel énoncé devient parfaitement incompréhensible.
Deux catégories de délégation dans une instance internationale de normalisation : les NBs et les Liaisons On peut distinguer deux catégories de délégation dans une instance internationale de normalisation : les Etats, représentés par leur institution nationale de normalisation désignées sous le terme générique de NBs et les Liaisons. Le principe des liaisons, introduit une deuxième catégorie de délégations parallèle à celle des NBs. Dans le jargon de l’ISO on définit globalement l’ensemble des délégations sous l’acronyme global de NBLO (National Bodies & Liaisons, NBLOs au pluriel). Cela comprend donc : les NBs P members, (participant, c’est-à-dire ayant payé leur cotisation) qui disposent d’une voix par pays ; les NBs O members (pays observateurs), qui disposent d’une voix consultative et les Liaisons qui disposent elles aussi de voix consultatives. Les liaisons sont de plusieurs ordres :
Des instituts nationaux de normalisation et les remarques que l’on peut déduire de leur dénomination Nous avons cherché à orienter tout cet exposé non seulement pour expliquer un domaine d’activité, mais aussi pour le regarder du point de vue multiculturel et multilinguistique. Nous avons aussi orienté notre exposé pour mettre en évidence les difficultés de traduction. De ce point de vue, le passage du niveau international complexe mais conceptuellement homogène, se complique considérablement quand on considère la disparité des découpages nationaux. On aurait pu supposer que l’ISO, comme instance fédératrice de la normalisation, aurait du savoir imposer (par construction pourrait-on dire) une certaine uniformité et univocité terme à terme de ses procédures et de ses structures institutionnelles. Il n’en est rien à l’évidence et l’histoire des organisations internationales, comme celle des nations, intriquée encore dans celle des langues nous apprend beaucoup sur la diversité du monde et des cultures. Plutôt de décrire ces institutions normatives comme un univers évidement complexe nous préférons continuer de les découvrir en soulignant leur diversité historique, organisationnelle et de plus linguistique. Les noms des instituts nationaux de normalisation correspondent à l’évidence à des institutions très disparates quand à leur mode de fonctionnement [41] et au champ total de leur objectifs. Il est aussi nécessaire de prendre en compte l’échelle de granularité institutionnelle, en général proportionnellement adaptée à la dimension des états ou aux ressources économiques ou humaines d’un pays : un pays comme le Luxembourg par exemple a créé l’Organisme Luxembourgeois de Normalisation au sein du SEE (Service de l’Energie de l’Etat) alors que le Pérou intègre la normalisation dans le même institut que la protection de la propriété intellectuelle. La question devient vite très complexe lorsqu’on change d’échelle de granularité ; que l’on ne veut pas seulement chercher à traduire le nom d’instituts nationaux de normalisation [42], mais que l’on cherche des équivalents pour des Comités techniques, des sous-comités des groupes de travail qui constituent autant de commissions d’experts susceptibles de se réunir et de coopérer au niveau national et international.
L’obligatoire diversité organisationnelle des instituts nationaux Chaque institution nationale de normalisation doit gérer parallèlement 2 niveaux distincts d’organisation :
Ainsi à l’AFNOR le comité miroir du SC36 s’est appelé la CN36 (Commission Nationale 36) et il s’appelle actuellement le GC36 (Groupe de Coordination 36). A un autre niveau la CGTI (Commission générale des Technologies de l’Information de l’AFNOR) est l’instance miroir du JTC1. Du point de vue du traducteur il faut bien comprendre que l’un (la transmission à l’identique des commissions et comités internationaux) n’est évidement pas la traduction de l’autre (les comités miroirs). Les comités miroirs sont nationaux, ils correspondent à des groupes d’experts nationaux, dans lesquels se recrute le sous ensemble qui sera délégué dans les instances internationales. Il est donc logique que, potentiellement, l’on soit dans ce cas face à 3 termes et les sigles ou acronymes correspondants : les 2 termes anglais et français désignant l’instance (le comité, sous-comité) ISO, IEC ou UIT ; le terme français désignant l’instance miroir. On est d’ailleurs très souvent gênés comme expert international pour en parler avec nos collègues des autres NBs car on ne dispose pas de mots en anglais (et a fortiori dans d’autre langues) qui désignerait ces miroirs. On dit donc tout simplement la « (sous)commission miroir ». Mais, dans certain cas, ce peut être très vague car chaque NB, du fait de sa taille relative, de sa structure institutionnelle, de son mode de mise en œuvre de la normalisation devra créer des découpages des miroirs adapté à sa réalité des ressources humaines locales. C’est ainsi qu’à l’AFNOR le CG36 (miroir du SC36) est découpé en GE (Groupes d’experts qui ne peuvent pas dans tous les cas recouvrir les WGs correspondants au SC36. Si par simplicité de dénomination, nous essayons de calquer absolument la sous hiérarchie des WGs pour les GE nous manquerions d’experts. Ainsi le CG36GE4 correspond à l’identique au SC36WG4. Par contre CG36GE3 est en fait en charge du SC36WG3, 5&7. Il existe aussi un CG36GE-CDM (Course Description Metadata), non numéroté comme on peut le constater. CG36GE-CDM est le miroir d’une problématique d’étude mise en place au niveau du CEN, mais non présente à ce jour au SC36.
Construire des terminologies normalisées : une nécessité aux fondements de la maîtrise multilingue de la mondialisation numérique Par méthode la quasi-totalité des instances de normalisation et plus particulièrement celles qui normalisent les TIC normalisent une terminologie de leur domaine. Cette terminologie a pour objectif de clarifier la communication entre les experts pour être capable de rédiger les normes du domaine de façon cohérente : vérifier que l’on parle bien des mêmes choses (des mêmes concepts, et non pas seulement des mêmes mots) : des mêmes produits, mêmes composants, mêmes logiciels, mêmes services, mêmes processus, mêmes ressources, mêmes institutions, mêmes acteurs, mêmes rôles, etc. Cela doit être fait au niveau international dans 1, 2 ou potentiellement autant de langues de travail que les experts peuvent en maîtriser ensemble et cela doit être aussi vérifié avec les réseaux d’experts auxquels chaque expert international est lié : notamment la maîtrise en « miroir » avec les experts référents dans leur NBs ou Liaisons [43]. Cette terminologie a pour objectif second de constituer un référentiel pour les futurs utilisateurs de la norme : s’assurer que comme les experts, ils comprennent bien aussi les mêmes choses (les mêmes concepts). La difficulté du second objectif réside en ce que ces utilisateurs finaux (a) ne maîtrisent pas nécessairement de façon experte la totalité des concepts proposés par les experts internationaux (b) ne maîtrisent pas toujours les langues de travail des experts internationaux (c) cependant ces utilisateurs finaux sont confrontés à des particularismes culturels, linguistique, institutionnels (dans le cas du SC36 à des situations pédagogiques singulières) qu’il s’agit de préserver dans les situations locales réelles où ils ont besoin de mettre en œuvre les normes considérées. Dès lors il devient indispensable de s’entendre sur des méthodes de construction d’une terminologie (un référentiel sémantique) devient dès lors indispensable pour permettre l’interconnexion et l’interopérabilité des matériels et des réseaux ainsi que celle des ressources notamment pour qu’elles puissent circuler et interagir malgré la diversité des langues. Le SC36 s’est ainsi conformé aux règles de la majorité des instances normatives et il a crée un groupe de travail : le SC36-WG1 : terminologie qui se restreint assez vite pour devenir un groupe vocabulaire. Il s’avère que pour des raisons diverses la normalisation de l’e-learning a surtout été amorcée par les « pionniers du domaines » essentiellement des industriels de l’e-training aéronautique, militaire et de sécurité auxquels se sont joint des enseignants européens des sciences exactes et expérimentales. Ces pionniers s’accommodent incomparablement mieux que les nouveaux entrants actuels d’un unilinguisme pragmatique (c’est le cas quasi à 100% dans le secteur aéronautique), d’une relative univocité des concepts des matières enseignées et d’autre part ce sont des domaines pédagogiques dans lesquels les débats sur la diversité des cultures pédagogiques sont moins présents que dans les arts ou les lettres. Cette première prépondérance des pionniers s’estompe aujourd’hui (même s’ils représentent toujours une part importante du marché global), les cultures linguistiques autres qu’anglophones et européennes (notamment Corée, Chine et Japon) affirment d’année en année un dynamisme et une croissance importante. Le Sud-est asiatique pourrait à lui seul multiplier le marché de façon considérable, et pourtant ce n’est que très récemment que cette partie du monde commence à affirmer son droit à la diversité linguistique et culturelle dans le processus normatif [44]. L’évolution historique du SC36 qu’il serait hors sujet de relater en détail fait que nous disposons maintenant d’un groupe de travail produisant un vocabulaire à ce jour bilingue (anglais/français), co-élaborée en consensus dans les deux langues. Ce vocabulaire n’a pas vocation à être très important [45]. Par décision de l’instance hiérarchiquement supérieure au SC36 (le JTC1) ce vocabulaire devrait en principe être mise en commun avec tous les autres vocabulaires ou terminologies du JTC1 dans une base terminologique commune gérée par Termium [46]. De nombreux problèmes restent ouverts :
Un tel sigle nous semble très pertinent par rapport aux questions de la sémantique polysémique des sigles (dans une même communauté de langue, mais pas exclusivement) que nous abordons ci-dessous. En effet dans le contexte académique français CNU se décline comme Conseil National des Universités. C’est l’instance collégiale qui évalue tous les universitaires, ce qui a donc des conséquences importante sur leur carrière. Vian (Boris), Vercoquin et le plancton, Paris, édition Gallimard, 1947. Boris Vian était ingénieur de l’Ecole des Arts et Manufactures (École Centrale). En 1943, il devient ingénieur à l’AFNOR où il participe à l’élaboration de normes (nothons). Vercoquin et le plancton est un roman à clefs qui est passé dans la légende de l’honorable institution de normalisation. Commençons par définir ce « nous » qui s’adresse à vous. Au-delà des deux auteurs, ce « nous » recouvre en fait un « nous collectif, celui d’une instance de normalisation » et plus précisément la Délégation de l’AUF auprès de l’ISO. La terminotique s'intéresse aux outils informatiques pour la collecte, la production, le traitement, l'échange et la diffusion des données terminologiques. Ces données terminologiques seront présentées sous la forme d'une base de données, d'un corpus. Définition in <www.owil.org/lexique/t.htm> Je pense notamment à Daniel Prado à l’Union Latine, à Laurent Romary et l’équipe du Loria à Nancy, à Elisabeth Blanchon (Université de Paris Jussieu) et à André LeMeur (Université de Rennes) a qui nous devons tous les développement Génétrix qui constituent le cadre méthodologique et support technique actuel de Cartago. ISO/IEC JTS1 SC36 (en sigle court JTC1 SC36 ou même SC36) : « Normes des technologie de l’information et la communication pour l’enseignement et la formation ». Tentons ici un exemple que nous voudrions exemplaire de l’exercice auquel nous sommes constamment confrontés : celui du développement bilingue dans un contexte de normalisation du sigle ISO/IEC JTC1 SC36 (en sigle court SC36). Norma(ae) l'équerre, mot que l'on trouve chez Vitruve ou au sens figuré, la règle et la loi acception que l'on trouve chez Cicéron. Standard vient du même mot en anglais, mais le mot est d'origine anglo-normande (estandard : étendard) Grand Larousse encyclopédique$$ref$$, entrée « standard ». Le terme norm existe en anglais mais n’est jamais utilisé dans le contexte des institutions de normalisation. De nombreux experts ISO (américains, canadiens, britaniques, irlandais, australiens ou néo-zélandais) que nous avons interrogé sur ce point confirment la totale inadéquation du terme norm dans le domaine de la normalisation. Selon l’Oxford Dictionary: norm • noun (1) (the norm) the usual or standard thing. (2) a required or acceptable standard. —ORIGIN Latin norma ‘precept, rule, carpenter’s square’. Il va de soit qu’en « français non spécialisé » les termes normes et standards continuent à être utilisés comme des quasi-synonymes. Voir plus loin en note une liste de ceux-ci. On peut souligner que l’Italie emploie le terme unificazione même si existe en italien le couple de terme : standard / norma. Sui équivalent à des standards quand elles sont des spécialités exclusives d’un laboratoire, et qui deviennent à terme des « espèces de normes » quand elles peuvent être déclinées sous formes de médicament génériques. La plupart des technologies émergeantes ont cette maladie infantile (l’automobile qu’on ne pouvait conduire à ses début si on ne savait pas ouvrir le capot, l’écoute radio jusqu’au milieu des années 20 qui exigeait de l’auditeur qu’il sache « bricoler la galène ». L’informatique en réseaux, parce qu’elle reste au mains d’experts informaticiens qui veulent décider entre chercheurs et industriels (mais aussi le Departement of Defense USA) ne parvient pas à se stabiliser comme un marché mondial sécurisé de l’échange d’information. Ils n’admettent pas les délais (très longs) de mise en place des normes mais fondamentalement la plupart des Etats (hormis les USA qui en bénéficient) admettent de moins en moins l’irruption de cet espace de non droit, la menace toujours possible que les USA coupent les circuits, le risque quotidien que constitue l’insécurité de cet espace numérique en évolution technologique permanente et imposée. Certaines normes stratégiques pour les Etats peuvent être réservées (non publiques). C’est le cas par exemple de certaines normes produites par le JTC1 SC37 « Outils de contrôle biométriques ». Ce discours peut paraître abstrait et pourtant cela nous parait tout naturel pour certain produit. On comprend tous qu’une douille électrique (par exemple à baïonnette) doive répondre à des normes (IEC) pour des raisons de sécurité et d’interopérabilité entre fabricants. Cela n’empêche pas, on le constate, une prolifération des formes, des matériaux (métal, porcelaine, matière plastique), des solutions de câblage tout en restant conforme à la même norme. Ainsi MPEG se décline Moving Picture Experts Group c’est-à-dire un groupe d’experts. Nous verrons plus loin ces étapes CD, FCD, DIS, FDIS, avant d’aboutir à une Norme Internationale (ou nationale ce sont des étapes similaires) éventuellement révisable. Ce peut être par exemple l’espagnol pour des normes élaborées dans le cadre global de l’Amérique latine. On parle de perte de domaine (ou perte de fonctionnalité) lorsque, dans un domaine donné, on perd la possibilité de s'exprimer, de travailler ou d'enseigner dans sa langue, avec les conséquences culturelles que l’on imagine. Initialement identifié par les universitaires scandinaves, ce phénomène préoccupe actuellement les instances de recherche tout autant que celles d'aménagement linguistique, tant au Québec qu'aux Pays-Bas ou dans les pays scandinaves. C’est aussi, au niveau européen, l'un des axes de travail de la toute nouvelle Fédération européenne des instituts linguistiques nationaux. Didier Oillo et Bonaventure Mvé-Ondo, (sous la dir. de), Fractures dans la société de connaissances, ouvrage collectif in Hermès n° 45, CNRS éditions, Paris 2006. Une instance de normalisation est animée par un président (chairman), matériellement assisté par un Secrétariat général (en général soutenu par un NB qui en prend la responsabilité, dans le cas du SC36, c’est le BSI, British Standards Institute). Toutes les sous-instances (les WGs ou RG éventuels), sont elles mêmes animées par des Présidents de WGs ; s’ajoutent à cela des éditeurs de normes, les Présidents des différents NBs (et des Liaisons). L’ensemble constitue une sorte d’état major hiérarchisé qui anime la production d’une norme. Remarquons toutefois que ces animateurs doivent avoir pour soucie constant la recherche du consensus maximum (ce qui les distingue d’un état major militaire ou industriel) et le verdict constant des votes des NBs. Ces animateurs doivent aussi veiller constamment à ne pas être en contradiction avec les instances ISO, IEC, etc… dont ils sont des sous-instances et qui ont sur eux un contrôle lui aussi soumis aux mêmes règles consensuelles et à des processus de vote des Etats membres. ISO/IEC 2382-36 Technologies de l’information – Vocabulaire. Le titre même de cette norme limite bien la limite de l’exercice : le SC36WG1 (groupe dédié en principe à la terminologie ne produit en fait qu’un vocabulaire. Comité technique de l'ISO sur la terminologie les autres ressources langagières L’expert habitué aux sigles cités dans les travaux internationaux (très souvent des sigles anglophones) peut être totalement désorienté quand on lui propose un sigle décliné dans sa propre langue. De façon générale il est très difficile d’appréhender des sigles traduits tant en lecture qu’en écoute de texte étranger, par exemple ITC= ITC ; SMSI=WSIS). Les normes se construisent en privilégiant au maximum le consensus. Bien sûr elle sont approuvées par des votes majoritaire des Etats participants mais avant de passer aux votes formels bureaucratiquement organisés entre tous les NBs participants les présidents de groupes de travail concernés, doivent explorer toutes les possibilités d’amandements, de modifications issues de commentaires formellement proposés par les NBs, d’ajouts, pouvant permettre d’atteindre le consensus ou la quasi-unanimité. C’est pour cela d’ailleurs que tous les votes négatifs (entre les phases d’avancement de la norme CD à FCD àDIS) doivent être obligatoirement accompagnés d’un commentaire écrit argumenté motivant le vote négatif. Nous verront dans quelques lignes comment l’ISO a pris une position exemplaire pour ne pas risquer la babélisation de son sigle. Commission Electrotechnique Internationale (CEI) ou International Electrotechnical Commission (IEC) en anglais. UIT (Union internationale des télécommunications), en anglais ITU, International Telecommunication Union. L’IEC (CEI en français) est un organisme de normalisation traitant des domaines de l'électricité et de l'électronique. La CEI a été créée en 1906 et compte actuellement 67 pays participants. Depuis 1948 elle est située à Genève comme l’ISO. C’est la plus ancienne organisation internationale technique de coordination. En 1932 elle devient L'UIT (en anglais ITU). Elle gère aussi l'attribution des bandes de fréquences radioélectriques pour la communication hertzienne (IFRB : International Frequency Registration Board). Elle est rattachée aux Nations Unies ; son siège est à Genève. Nous donnons ici un échantillon des noms, abréviations et acronymes d’un certain nombre d’instituts nationaux en insistant sur ceux des pays de langues de langues latines : Algérie: IANOR Institut algérien de Normalisation, Argentine: IRAM Instituto Argentino de Normalización y certificación, Belgique: NBN Bureau voor Normalisatie - Bureau de Normalisation, Brésil: ABNT Associaçào Brasileira de Normas Ténicas, Canada: SCC/CCN Standard Concil of Canada/Conseil Canadien des Normes, Chili: INN Instituto Nacional de Normalización, Colombie: ICONTEC Instituto Colombiano de Normas Ténicas y certificación, Costa Rica: INTECO Instituto de Normas Ténicas de Costa Rica, Equateur: INEN Instituto Ecuatoriano de Normalización, France: AFNOR Association Française de Normalisation, Italie: UNI Ente Nazionale Italiano di Unificazione, Liban: LIBNOR Lebanese Standards Institution, Luxembourg: SEE Organisme Luxembourgeois de Normalisation a été créé au sein du SEE (Service de l’Energie de l’Etat), Maroc: SNIMA Service de Normalisation Industrielle Marocaine, Pérou: INDECOPI Instituto Nacional de Defensa de la Competencia y de la Protección de la Propiedad Intelectual, Portugal: IPQ Instituto Português da Qualidade, Roumanie: ASRO Asociaţia de Standardizare din România, Espagne: AENOR Asociación española de Normalización y certificación, Suisse: SNV Schweizerische Normen-Vereinigung/Association Suisse de Normalisation, Tunisie: INNORPI Institut National de la Normalisation et de la Propriété Industrielle, Uruguay: UNIT Instituto Uruguyao de Normas Ténicas, Venezuela: FONDONORMA Fondo para la Normalización y Certificación de Calidad, Allemagne: Deutsches Institut für Normung, Autriche: Instituut Österreichisches Normungsinstitut, Bulgarie: BDS Bulgarian institute for standardization, Grande Bretagne: BSI British Standard Institute, Hollande: NEN Nederlands Normalisatie, USA: ANSI American National Standard Institute. A l’UIT on les appelle TGs et SG (Technical Group & Sub Group). Comme signalé en note ci-dessus, ce sont respectivement, les institutions de normalisation de la France, du Canada (versus francophone), de Belgique et du Luxembourg. Pour être cohérant nous devrions dire soit CEI et UIT, soit IEC et IUT mais CEI est très rarement traduit ce qui fait que le sigle francophone est très peu connu, alors que le sigle français UIT est couramment employé dans la presse généraliste. Le JTC1, créé en 1987 par convention entre l'ISO et l’IEC est l'organe de référence pour la normalisation des Technologies de l'Information au niveau mondial. C’est un comité technique commun à ses deux parents (l’ISO et l’IEC), il réunit les compétences de l'ancien TC97 de l'ISO relatif aux logiciels (langages de programmation, codage de l'information, ...) et les compétences de comités techniques de la CEI en matière de matériels : microprocesseurs, imprimantes, par exemple. Les quelques 2000 normes publiées par le JTC1, quoique appelées souvent normes ISO, sont reconnaissables par leur numéro de nomenclature qui commence par les deux sigles ISO/IEC). Le JTC1 est composé aujourd’hui de 17 SCs actifs (voir annexe 1). ISO/IEC JTC1 SC2 : Jeux codés de caractères. Mis à part le JTC1 il ne doit pas exister de TC comportant un nombre aussi important de SCs. On peut cependant souligner que ces institutions ne sont généralement pas directement intégrées dans la structure des gouvernements d’un Etat proprement dit. Ce qui est assez simple et se réduit à une nomenclature de 158 institutions et de leurs sigles associés. Notons cependant le cas particulier des Etats qui traitent de la normalisation non pas dans une institution autonome exclusive mais dans un sous service d’une institution aux attributions plus larges (nous le signalons plus haut dans cet article l’exemple du Luxembourg (SEE, Service de l’Energie de l’Etat), du Pérou (Compétence et propriété intellectuelle) ou de la Tunisie (normalisation et propriété industrielle). Beaucoup de NBs et certaines Liaisons réalisent des terminologies ou des vocabulaires : dans le cas du SC36 on doit citer notamment : la GB, le Canada, la Corée, le Japon, la France, l’Allemagne… Pour ce qui est des Liaisons on peut citer l’AICC, IMS, IEEE qui ont tous des terminologies considérables sur les TIC (et aussi sur les TICE). Voir Henri Hudrisier, Société de connaissance, le paradigme de l’appropriation, ou encore Mokhtar Ben Henda, Les contradictions d’une politique de diversité culturelle, in Hermès 45 « Fractures dans la société de connaissances », Sous la dir. de Didier Oillo et Bonaventure Mvé-Ondo. CNRS éditions, Paris 2006. Quelques centaines de termes au maximum. C’est la base de données terminologique Termium du Bureau fédéral de la traduction canadien. Celle-ci a offert ses services au JTC1 pour collecter et devenir le lieu de référence de la terminologie de tous les sous-comités qui en dépendent (y compris la terminologie e-learning du SC36). La base Termium, qui gère un fonds très important de ressources terminologiques est cependant organisée prioritairement pour répondre aux besoins de traduction d’un pays bilingue. De ce fait elle propose aujourd’hui des terminologies en français et anglais. A moyen terme elle est prévue pour être opérationnelle en 4, ou 5 langues au plus. L’ensemble des personnes qui constitue un groupe de normalisation (par exemple le SC36) se distribuent en différentes catégories. Des experts du domaines (non obligatoirement formés à la normalisation, par ex. au S36, des pédagogues, des industriels informatiques, des éditeurs d’e-enseignement), des experts liaison (un expert MPEG, un expert de l’e-learning aéronautique…), mais aussi des professionnels employés par les instances de normalisation (ISO, AFNOR, BSI…). Ce sont ces professionnels de la normalisation ainsi que les experts les plus dynamiques et les plus expérimentés (qui ont participés auparavant à d’autres domaines de normalisation) qui constituent bien sûr le noyau dirigeant permettant la production effective de la famille de normes que doit éditer l’instance (ici le SC36). On n’apprend pas selon la même logique une langue alphabétique ou une langue idéographique ; et on sait que l’enseignement de la langue et de l’écriture sont aux fondements même de la transmission de savoir. Evolution qui est au cœur des questions posées par la gouvernance mondiale. Les normes plus strictement techniques (métallurgie, composants électroniques, etc.) posent très peu de problèmes de découpage conceptuel dans la diversité des langues. Les terminologies de ces domaines techniques s’accommodent dès lors très bien de la réalisation de listes de vocabulaire en anglais qu’il suffit de traduire terme à terme dans d’autres langues. A l’exception notable de certaines langues (minoritaires ou dominées) qui n’ont pas eu l’opportunité socio-éducative d’accompagner la modernité et qui ont été victimes de perte de domaines linguistiques plus ou moins vastes. Nous y reviendrons mais un des objectifs éthiques de Cartago est de tenter de freiner, voire de réparer pour partie ces déficits, dans un champ sémantique aussi stratégique que la transmission de savoir.
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