II Seminario Interamericano sobre la Gestión de Lenguas
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Stratégies de promotion du multilinguisme au plan supranational - Le cas des organisations


Pierre Georgeault
Directeur de la recherche et de l'administration
Conseil supérieur de la langue française du Québec

 

 

 
 

Je remercie les organisateurs du deuxième séminaire sur la gestion des langues de me donner la possibilité d'approfondir quelque peu la question du multilinguisme des organisations interaméricaines.

Je vais partir de quelques informations factuelles concernant l'usage des langues dans les organisations interaméricaines et internationales pour formuler un cadre et des propositions d'actions.


Situation des langues dans les organisations internationales

 

Sur les 28 organisations internationales dont le Canada est membre, toutes ont l'anglais comme langue officielle ou de travail, 26 ont le français et 18 ont, en plus, l'espagnol. Sur le Web, toutes ont une page d'accueil en anglais, 9 n'ont pas de page d'accueil en français (OACI, AIE), 7 n'ont pas de page de présentation en français de leur organisme et la plupart ne traitent pas le français avec parité [1].

 

Organisation des Nations Unies

Le français demeure présent à l'ONU mais pourrait être plus utilisé. Ainsi, la langue dans laquelle les missions permanentes aux Nations Unies préfèrent recevoir du courrier présente la distribution suivante : sur 185 membres qui ont répondu à l'enquête, 130 préfèrent l'anglais, 36 le français, 19 l'espagnol [2]. Par ailleurs, à l'Assemblée générale de l'ONU, le nombre de délégations s'exprimant en anglais est passé de 74 à 97 en moins de dix ans. Celles qui s'expriment en français ont chuté de 31 à 21. Il y a pourtant 28 pays, membres de l'ONU, qui ont le français comme langue officielle. En outre, plus de 40 sont membres de la francophonie [3]. On comprend donc mal le faible (21) nombre de délégations qui s'expriment en français.

Ces chiffres montrent bien la responsabilité des pays membres et, indirectement [4], de leurs fonctionnaires quant à l'usage de leur langue officielle dans les organisations internationales. Ils révèlent la nécessité de définir une politique linguistique nationale d'usage des langues au plan supranational et, comme on le verra plus tard, la nécessité de signer des contrats sociolinguistiques.

L'ONU est consciente des déséquilibres linguistiques au sein de l'organisation. Le Secrétaire général a nommé, en septembre 2000, un coordonnateur pour les questions de multilinguisme. Un rapport, déposé en novembre 2001, relève trois types de déséquilibres : les langues de travail, la documentation interne et les réunions d'information interne et externe.

Regardons maintenant ce qui se passe du côté de la Commission européenne et du Conseil de l'Union européenne.

Langues de rédaction d'origine des documents à la Commission

Année

Anglais
%

Français
 %

Allemand
 %

Autres
 %

1996

44,7

38,5

5,1

11,7

1997

45,3

40,4

5,4

8,9

1998

48,0

37,0

5,0

10,0

1999

52,0

35,0

5,0

8,0

2000

55,0

33,0

4,0

8,0

2001

57,0

30,0

4,0

9,0


Source : Commission européenne

Le nombre de documents rédigés d'abord en français baisse régulièrement depuis 1996, passant de 39 % à 30  % en 2001.

 

Le Conseil de l'Union européenne
Les langues de rédaction d'origine des documents

Année

Anglais
 %

Français
 %

1997

41

42

1998

50

29

1999

57

25

2000

45

36

2001

59

28

Au Conseil de l'Union européenne, le nombre de documents rédigés d'abord en français baisse régulièrement depuis 1997, passant de 42 % à 28 % en 2001.

 


Situation des langues dans les organisations interaméricaines

 

La plupart des organisations interaméricaines, dont l'Organisation des États américains (OEA), la Banque interaméricaine de développement et l'Organisation panaméricaine de la santé, ont quatre langues officielles (l'anglais, l'espagnol, le français et le portugais). Le site Web de l'Organisation des états américains (OEA) propose un accès dans les 4 langues. Mais très vite (au 3e ou 4e niveau), c'est à des pages en anglais qu'on accède. Néanmoins des efforts importants sont faits et les principaux textes sont le plus souvent accessibles en français. Il n'en demeure pas moins que c'est en anglais qu'on trouve le plus grand nombre de textes techniques et, ensuite, en espagnol et que, loin derrière, vient l'offre de texte en portugais et en français.

Une reconnaissance tacite du caractère multilingue des Amériques a, certes, été donnée, à la fois par l'adoption en quatre langues des déclarations et plans d'action des Sommets, et par le fait que les textes officiels sont disponibles en quatre langues. Il faut reconnaître qu'il s'agit là d'un premier geste important. Toutefois, cela ne constitue pas une garantie valable et suffisante de respect du multilinguisme. Et rien n'est gagné. Nous avons bien vu, lors du Sommet de Québec en 2001, que les textes officiels de négociation n'étaient pas disponibles dans les quatre langues et que, sans l'action du Québec et du Canada, ces textes n'auraient pas été traduits, ou encore l'auraient été beaucoup plus tard.

Malgré ce multilinguisme officiel ou tacitement officiel, l'égalité des langues n'est donc pas acquise.

L'anglais et l'espagnol sont le plus souvent la langue de travail.

Le français et le portugais sont beaucoup moins utilisés.

Pour ce qui est des rencontres internationales, je vais prendre l'exemple récent du colloque du Forum sur l'intégration nord-américaine (FINA-NAFI) qui s'est tenu à Montréal les 27 et 28 mars derniers. Les trois partenaires de l'ALENA étaient présents : Canada, États-Unis et Mexique. Les personnalités présentes, malgré la possibilité qui leur était offerte d'utiliser un système de traduction simultanée, sont loin d'avoir privilégié la langue officielle de leur pays. Les Étasuniens se sont exprimés essentiellement en anglais, les Mexicains en anglais et un peu en espagnol, les Canadiens, en anglais, en français (principalement les Québécois) et un peu en espagnol.

La langue est un facteur de pouvoir [5]. Dans le contexte des communications internationales, quels que soient les domaines (économie, recherche, politique), le pouvoir linguistique signifie par exemple supériorité dans les débats ou dans les négociations : celui qui peut discuter dans sa langue maternelle dispose en théorie d'un avantage sur le locuteur qui s'exprime dans une langue étrangère. Par ailleurs, le statut des langues dans les organisations officielles supranationales ou dans les grandes rencontres supranationales influe directement sur leur prestige et celui-ci est convertible directement en espèces sonnantes et trébuchantes.

La question des langues touche aussi au droit et à la démocratie. L'applicabilité directe de normes ou de règles de droit, qui peuvent être édictées dans le cadre de regroupements économiques régionaux, ne peut être légitime que si les dossiers correspondants sont disponibles dans toutes les langues officielles.

Le débat concerne également les principes de transparence et de participation. Les processus de décision ne doivent-ils pas être accessibles et lisibles par tous les citoyens intéressés, quelle que soit leur langue officielle ?

Nous avons la chance, au sein des Amériques, comparativement à l'Union européenne, d'avoir un nombre restreint de langues officielles. Cela permet une application plus facile de ces principes, soit, quatre langues qui ont par ailleurs une large extension mondiale : l'anglais, l'espagnol, le français et le portugais, et cinq langues plus régionales (hémisphère sud) au sens linguistique du terme : le guarani, l'aymara, le quetchua, le néerlandais et le créole.

L'intégration économique continentale des Amériques a poussé le Conseil supérieur de la langue française à réfléchir sur les enjeux et les défis linguistiques de cette intégration. Il a remis un avis à son gouvernement peu avant le Sommet de Québec en mars 2000 et a voulu partager la réflexion avec les autres pays participants. Il a alors organisé le premier Séminaire interaméricain sur la gestion des langues, du 28 au 30 août 2002, à Québec. Venant d'une douzaine de pays, plus de 120 participants (universitaires, responsables d'organismes gouvernementaux ou non gouvernementaux, nationaux ou supranationaux et quelques élus) ont participé aux débats.

Cinq axes de réflexion ont été proposés aux participants :

un forum de veille et d'échanges au sein des Amériques;

le multilinguisme dans les organisations supranationales;

la protection du consommateur;

la normalisation (technologique et linguistique);

l'enseignement des langues.

Parmi les résolutions adoptées, plusieurs concernent mon propos. Les participants ont en effet recommandé :

"d'exercer une veille stratégique pour diffuser les connaissances et l'information sur des expériences réussies de gestion des langues et de développement du multilinguisme;

de procéder à des échanges d'informations concernant l'évolution des politiques linguistiques au sein des Amériques;

de favoriser le respect des langues officielles du continent dans les échanges commerciaux."

De façon concrète, ils proposaient la mise en place d'un Forum sur la diversité culturelle au sein de la Commission interaméricaine de la culture, créée lors de la première rencontre des ministres et hautes autorités responsable de la culture au sein des Amériques, lors de la rencontre de Carthagène, en juillet 2002.

En ce qui concerne plus particulièrement le multilinguisme dans les organisations interaméricaines, ils recommandaient :

"de s'assurer que les organisations interaméricaines fonctionnent au moins en quatre langues (anglais, espagnol, français et portugais) et rendent accessibles au public en même temps, en ces langues, l'ensemble des documents officiels de même que tous les documents d'intérêt général;

de reconnaître l'équité entre les quatre langues et rechercher des mécanismes permettant d'assurer une égalité de traitement des langues officielles des organisations supranationales."

D'un autre côté, au Congrès international sur les langues néo-latines dans la communication spécialisée, organisé par l'Union Latine et le Colegio de Mexico, qui s'est tenu les 28 et 29 novembre 2002 à Mexico, les participants constataient :

"que grand nombre de conférences internationales acceptent la langue anglaise comme moyen de communication privilégié et parfois unique, créant ainsi des situations d'incompréhension flagrantes ou d'exclusion de ceux qui ne peuvent, soit concevoir ou présenter une communication en anglais, soit débattre dans cette langue ou la comprendre;

et que beaucoup d'organismes internationaux favorisent clairement une langue de travail unique, à savoir l'anglais, dans la majorité de leurs réunions internes ou dans leurs systèmes de communication."

Ils recommandaient alors " à tous les organismes publics et privés de langue espagnole, française ou portugaise et aux citoyens locuteurs de ces langues, afin de renforcer la capacité de désigner des domaines clés du monde contemporain et d'éviter, à moyen et long terme, un processus de décadence de nos cultures, de coparticiper :

au maintien et à l'avancement de l'usage paritaire de nos langues au sein des organismes et conférences internationaux;

à la mise en place d'une stratégie visant à convaincre les politiques, fonctionnaires, entrepreneurs et scientifiques des avantages de l'usage de nos langues dans la communication spécialisée."

Ils recommandaient aussi de donner un appui général aux initiatives prises par l'Organisation internationale de la Francophonie, dans le cadre du projet des "Trois espaces linguistiques", et aux recommandations du premier Séminaire interaméricain sur la gestion des langues de Québec.


Principes d'aménagement linguistiques sous-jacents

 

Je vais donc, dans les minutes qui me restent, faire état de réflexions et dégager quelques principes d'aménagement linguistique qui pourront être utiles dans les discussions sur le multilinguisme des organisations supranationales.

Il faut en effet, et c'est le premier principe,
Se donner une image d'ensemble des fonctions des langues

Je crois qu'il faut, d'abord et avant tout, se donner une image d'ensemble des fonctions des langues sur un territoire donné (qui peut être la planète ou une grande région économique). Quels que soient les auteurs consultés, la répartition fonctionnelle des langues distingue différents types de communication: les communications mondialisées, les communications supranationales internationales, les communications supranationales régionales (au sens des grandes régions économiques), les communications au sein des territoires nationaux. Les langues ne peuvent donc pas toutes être présentes à ces niveaux. Et une répartition fonctionnelle de ces langues doit être envisagée et maîtrisée.

Pour en arriver à une « gouvernance » des langues et ne pas laisser le libre marché des langues agir seul (ce qui irait dans le sens du renforcement de l'usage de l'anglais et de la diminution de l'usage des autres langues sur leurs propres territoires nationaux), il devient clair que chaque pays, qui veut promouvoir sa langue officielle sur son propre territoire pour des raisons de bon fonctionnement de la société, d'égalité des chances et d'équité entre les citoyens, doit agir à la fois au plan supranational et au plan national.

 

Deuxième principe :
Multiplier la signature de contrats sociolinguistiques

Au plan supra national, on a tout intérêt à promouvoir une approche plurilingue qu'on doit chercher à concrétiser par la signature de contrats sociaux linguistiques à tous les niveaux possibles, dont voici certains exemples :

officialiser l'usage des langues d'une organisation supranationale, quelle soit de nature commerciale, politique ou non gouvernementale, en est un premier exemple;

se regrouper autour d'intérêts communs comme l'Union latine, qui regroupe les pays de langue latine, en est un autre exemple;

ouvrir le dialogue entre les aires linguistiques, comme le fait l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), constitue également l'exemple d'une manifestation de la quête de gouvernance des langues au plan supranational;

les mesures récentes prises entre les États du Mercosur en faveur d'une intégration de l'enseignement de l'espagnol et du portugais en est un quatrième exemple, sans oublier les décisions du Conseil des ministres des Caraïbes pour éliminer les barrières des langues au sein de la région en améliorant la compétence en anglais, en espagnol et en français.

Ces contrats sociolinguistiques visent à créer les conditions d'usage des langues, à agir sur la demande d'usage des langues en quelque sorte, et à se donner les moyens d'intervenir en cas d'iniquité de traitement. Par ailleurs, ils devraient naturellement induire l'établissement de politiques nationales sur l'usage des langues.

 

Troisième principe :
Se concentrer sur la valorisation de l'usage des langues

Une autre règle est celle qui incite à se concentrer sur la valorisation de l'usage des langues.

Trop souvent, dans les analyses géostratégiques des langues, on prend les données de population des recensements sur la langue maternelle, qui est devenue la langue officielle.

Il est à noter que l'usage des langues dans les situations de communications valorisées par nos sociétés n'est pris en considération que rarement, et pas suffisamment, souvent faute d'informations précises.

Il est possible, en effet de gérer l'usage d'une langue, car la langue, particulièrement la langue officielle d'un pays, est un bien collectif, comme la santé ou l'éducation, et, à ce titre, elle peut faire l'objet d'un contrat social interne et d'interventions des acteurs sociaux.

 

On peut donc et c'est là le quatrième principe
Agir sur l'offre et sur la demande d'usage des langues

Car il faut agir à la fois sur l'offre et sur la demande d'usage des langues.

Mais, le plus souvent, dans les accords commerciaux, la langue de l'échange n'est pas prise en considération. (Ex. ALE et ALENA.)

Pourtant, c'est la langue qui structure les échanges.

L'économie se construit aussi avec des mots, comme le dit Jean-Marie Klinkenberg [6]. Et ce, non seulement parce que les mots font vendre, acheter, fabriquer ou qu'ils permettent de donner des idées ou des instructions, mais aussi parce qu'ils structurent de plus en plus le matériau même de l'économie. La normalisation linguistique sert à assurer la fluidité des échanges et du circuit économique de la conception à la consommation, en établissant des définitions communes de la marchandise. Ainsi, de plus en plus, avec les exigences de qualité ISO, l'entreprise doit dire ce qu'elle fait et faire ce qu'elle dit.

Si l'on vend des produits linguistiques aujourd'hui plus que jamais, si la langue structure l'univers de la production et des échanges, langue et économie s'imbriquent aussi dans un troisième domaine : les compétences exigées des travailleurs, particulièrement à l'écrit, en partant de la base jusqu'aux niveaux les plus élevés de la stratification socioprofessionnelle.

Même en Europe, où l'officialisation de l'usage des langues est la plus claire et la plus avancée, il semble difficile, malgré les règles d'usage établies, de résister au tout en anglais.

Il faut dire, cependant,

que le fardeau du plurilinguisme est mis sur les individus;

que les États ne cherchent pas beaucoup à gérer l'usage des langues des fonctionnaires, des entreprises, des chercheurs, etc.

Développer l'offre, par l'apprentissage des langues, sans encadrer la demande de l'usage, risque de conduire à un échec. Je prendrais seulement l'exemple de ce professeur de français, japonais, qui se demandait comment motiver les jeunes Japonais, quand l'entreprise française au Japon utilise l'anglais ?

 

Il faut enfin et surtout, et c'est le cinquième principe
Se donner une stratégie de gagnant-gagnant

La promotion du multilinguisme à tous les niveaux et dans tous les domaines possibles au plan supranational, soit au plan des institutions, des marchés de produits et de services et des bases de connaissances, vise à renforcer l'usage des langues officielles sur le territoire de chaque État.

Cette stratégie en est une de gagnant-gagnant pour l'État, les citoyens, les consommateurs et les entreprises. Stratégie gagnante pour l'État, qui voit l'usage de sa langue officielle renforcé sur son territoire et valorisé au plan supranational. Stratégie gagnante pour les citoyens, qui peuvent dès lors être informés et s'exprimer dans leur langue officielle. Stratégie gagnante pour les consommateurs, qui peuvent acheter et être servis dans leur langue officielle. Stratégie gagnante, enfin, pour les entreprises elles-mêmes qui, en adoptant une stratégie de fourniture de services et produits plurilingues, voient leurs créneaux de marché s'élargir et leurs parts de marché se conforter à l'étranger.


En conclusion

 

Keynes disait que l'économique, le politique et l'éthique sont les trois passagers d'une même voiture, et il ajoutait que l'économique ne devait pas être au volant. Ces dernières années, on a fait comme si le jeu des forces économiques allait régler tous les problèmes.

La situation actuelle nous donne la chance de chercher à rééquilibrer les rapports entre l'économique, le technologique et le politique. Une nouvelle gouvernance linguistique et culturelle peut être mise en place en s'appuyant sur la signature de contrats sociolinguistiques et socioculturels à tous les niveaux, du supranational au local.

On ne peut prétendre réaliser une intégration économique, sans tenir compte des effets collatéraux éventuels, pour utiliser une expression à la mode, sur les plans social, culturel et linguistique. Le libre marché doit être un libre échange, équitable et humain. Sur le plan linguistique, il est clair que les États doivent poser les jalons d'une démarche de promotion du multilinguisme dans tous les domaines de communication supranationale pour renforcer l'usage de langues officielles sur leur propre territoire.

Comme l'écrivait récemment Amin Maalouf, dans L'Orient-Le Jour  : Le grand combat qu'il convient de mener aujourd'hui n'est pas pour la prééminence, mais pour la diversité.la véritable attitude civilisatrice, la véritable contribution à une gestion pacifique du monde inquiétant où nous vivons, c'est de consolider et d'organiser harmonieusement la diversité culturelle et linguistique des hommes pour que nul ne se sente bafoué, marginalisé, exclu, incompris, méprisé, et que nul ne soit tenté par le langage de la violence [7].


Notes
 

[1] Commissariat aux langues officielles: les langues officielles sur Internet, avril 2002.
Parmi les organisations internationales qui ont le français comme langue officielle ou de travail, celles qui n'ont pas de page d'accueil en français: OACI, AIE Agence internationale de l'énergie, OMI Organisation maritime internationale; la plupart ne traitent pas le français avec parité.

[2] Journal La Presse Lundi 26 mars 2001.

[3] Journal Le Devoir , 20 mars 2002.

[4] Car ils peuvent agir en fonction des directives claires qui leur seraient données sur l'usage des langues. Le plus souvent, de telles directives n'existent pas. Les actions de la France et de la Francophonie peuvent servir d'exemple.

[5] Situation des langues au sein des Amériques. Dans les 35 pays participants, 9 langues ont un statut officiel : 18 pays ont l'espagnol comme langue officielle; 15 pays ont l'anglais; 2 pays ont le français (Canada et Haïti); 2 pays ont le quechua (Bolivie et Pérou); 1 pays a le portugais (Brésil); 1 pays a l'aymara (Bolivie); 1 pays a le créole (Haïti); 1 pays a le guarani (Paraguay); 1 pays a le néerlandais (Suriname).
Poids relatif des groupes linguistiques dans les Amériques : près de 40 % de la population parle l'espagnol, 38 % parle l'anglais, 20 % parle le portugais, à peine 2 % le français. Le déséquilibre démographique est profond mais la force d'une langue dépend aussi de son poids économique, politique et culturel. Certaines langues autochtones ont une forte présence. Notamment le guarani, l'aymara ou le quechua. Au Paraguay, 97 % de la population parle le guarani, soit 4,6 millions de personnes, tandis que seulement 55 % de la population parle l'espagnol. De même en Bolivie, 88 % de la population parle l'espagnol mais 45 % parle également une langue autochtone (le guarani, l'aymara ou le quechua).

[6] Jean-Marie Klinkenberg, La langue et le citoyen, PUF, 2001.

[7] Courrier International, Cause toujours, Hors série Culture, mars-avril-mai 2003, p.45.








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