ACTES - Congrès international sur les langues néo-latines dans la communication spécialisée
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Congrès international sur les langues néo-latines
dans la communication spécialisée

El Colegio de México, Mexique
28-29 novembre 2002
 

 

"Aperçu de la place des langues néo-latines
dans la communication spécialisée
des organisations internationales :
problèmes et solutions"

par Marie-Josée de Saint Robert
Présidente de l’Association culturelle
internationale francophone
pour le plurilinguisme dans les organisations
internationales (ACIF) à Genève

 

 

L’objet de ce document est de rappeler le statut des langues dans les organisations internationales du système des Nations Unies, de présenter les principaux obstacles que rencontrent les institutions internationales dans la mise en place du plurilinguisme en leur sein, et d’indiquer diverses solutions qui sont apparues récemment pour renforcer voire améliorer les services qu’elles fournissent en plusieurs langues.

 

Plusieurs langues néo-latines à savoir, l’espagnol, le français et le portugais, jouissent d’un statut au sein des organisations internationales, statut il est vrai diversifié et méconnu des intéressés eux-mêmes. Ainsi, si le français et l’espagnol jouissent du statut de langue de travail et/ou de langue officielle dans les organisations du système des Nations Unies, on constate que le portugais est la langue la plus fréquemment utilisée par les organisations internationales en plus des six langues officielles des Nations Unies. Le Corps commun d’inspection du système des Nations Unies qui vient d’étudier la mise en oeuvre du plurilinguisme dans les organisations du système des Nations Unies, a dressé à cette occasion un résumé synoptique du statut des différentes langues, présenté en annexe dans la langue dans laquelle il a été établi, sous forme de tableaux. On trouvera dans les pages qui suivent un aperçu des problèmes qui se posent aux organisations internationales pour traduire ce statut dans la pratique et les différentes solutions qui sont à l’heure actuelle envisagées.


I. Les principaux problèmes relevés en ce qui concerne le régime et la pratique des langues

1. Un régime lacunaire.

  Lorsque l’on étudie le régime des langues dans les organisations internationales du système des Nations Unies, on s’aperçoit que toutes les organisations internationales ne prévoient pas de régime linguistique, c’est-à-dire qu’elles ne précisent pas dans un règlement les langues dans lesquelles doit paraître leur documentation parlementaire ni celles dans lesquelles paraissent leurs documents d’information. Il n’est donc pas possible de faire des recommandations générales en la matière car elles n’auraient que peu d’écho dans la pratique des organisations qui ne se sentiraient pas concernées.

2. Une pratique interne favorisant le monolinguisme.
 

Indépendamment du fait qu’elles disposent ou non d’un régime linguistique, les organisations internationales ont tendance à n’utiliser qu’une seule langue de travail tant dans leurs communications internes que dans les réunions officieuses qui se tiennent dans leurs locaux, se privant ainsi d’apports parfois essentiels, toutes les parties prenantes ne maîtrisant pas uniformément la langue de travail de fait. L’idée qui prévaut en la matière est qu’un groupe linguistique est favorisé par rapport à tous les autres et que les organisations ne recevraient pas, pour des raisons linguistiques, toute l’aide qu’elles seraient en droit d’attendre des États membres, des ONG, des représentants des médias et des autres parties prenantes.

Ce constat est d’autant plus alarmant quand on sait que des sites constitués par les organisations internationales pour aider les pays en développement ne sont rédigés qu’en une seule langue. Le rapport du Corps commun d’inspection relève ainsi que bien que les pays donateurs du Programme d’information et de développement (InfoDev) de la Banque mondiale comprennent des pays et des institutions tels que la Belgique, le Canada, la France, la Suisse et l’Union européenne, le site du Programme en question n’existe qu’en anglais en dépit du fait qu’il ait pour ambition d’aider les décideurs africains à mieux comprendre l’internet, ses coûts et ses avantages et à définir des politiques en la matière.


3. Des difficultés à mettre en place un environnement de travail plurilingue.
  Les logiciels sont livrés aux fonctionnaires des organisations internationales en une seule langue, les produits créés à partir de ces logiciels le sont également (les avis de vacance de postes ne sont établis qu’en anglais parce que le nouveau système de gestion de ressources humaines n’existe qu’en anglais). Ce constat est d’autant plus paradoxal que les nouvelles technologies permettent de promouvoir plus facilement le plurilinguisme. Ainsi, les moteurs de recherche sur l’internet permettent d’accélérer la recherche d’équivalences en différentes langues des personnels linguistiques des organisations internationales.

4. Un attachement des États membres au plurilinguisme.
  Nombre d’organes directeurs appellent les organisations à veiller au strict respect des règles régissant la pratique des langues au sein des secrétariats, remettant ainsi en cause un monolinguisme de fait. 89 Etats ont par exemple parrainé le projet de résolution de l’ONU sur le multilinguisme (cf. A/56/L.44/Rev.2/Corr.1). Diverses résolutions des États membres ont permis de traduire en actes cet attachement : distribution simultanée des documents dans toutes les langues, incitations financières données aux fonctionnaires pour l’apprentissage des langues officielles afin de veiller à la parité des langues au sein du Secrétariat, limitation du volume de la documentation pour permettre aux services de conférence de respecter la parité linguistique dans les délais prescrits.

II. Les solutions envisagées

1. Une plus grande visibilité des langues dans le travail des organisations internationales

 

Pour les communications internes, il s’agit d’inciter les organisations à créer un environnement plus favorable à l’emploi des langues par les fonctionnaires eux-mêmes (en rappelant qu’ils sont censés travailler dans les langues de travail de leur Organisation et non uniquement en une seule langue ; en faisant mieux connaître les cours de langue et les cours de perfectionnement proposés dans toutes les langues de leur Organisation ainsi que les capacités qu’ont les services de conférence de travailler dans toutes les langues ; en réalisant des panneaux d’affichage en plusieurs langues, etc.).

Pour les réunions informelles, étant donné qu’il s’est avéré difficile pour les délégations des États Membres et le Secrétariat d’éviter la tenue de ces réunions sans interprétation, le rapport du Corps commun d’inspection demande aux représentants des États membres de soumettre dans les temps un résumé de leurs communications dans toutes les langues prévues afin de permettre aux participants de mieux tirer profit de ces réunions.

Proposition contenue dans le rapport sur l’application du plurilinguisme par les organisations du système des Nations Unies : « établir une répartition des postes d’administrateurs et fonctionnaires de rang supérieur sur la base des exigences linguistiques qui s’attachent aux postes en question et inclure ces informations dans les rapports périodiques soumis aux organes directeurs sur la gestion des ressources humaines ou sur la composition du Secrétariat ».


2. Un rôle plus actif de toutes les parties prenantes en faveur du plurilinguisme dans les organisations internationales
 

2.a. Les États membres

Les États membres devraient être plus conscients du fait que le strict respect du plurilinguisme nécessite des ressources financières et humaines adéquates et qu’en période de non-évolution des budgets, des redéploiements de crédits sont nécessaires, ce qui suppose des suppressions d’activités. En effet, tandis que les demandes de services linguistiques plurilingues augmentent (par exemple, la traduction des pages internet en plusieurs langues est une activité qui s’est développée depuis 1995 et les services linguistiques, à l’exception de ceux du Fonds monétaire international, hésitent à accepter cette nouvelle charge de travail en raison des budgets limités qui leur sont alloués), les postes de linguistes diminuent.

Les États membres devraient également participer davantage à la défense du plurilinguisme dans les organisations internationales. Des initiatives ont vu le jour dans ce sens. Lors de la huitième Conférence des Nations Unies sur la normalisation des noms géographiques, qui s’est tenue à Berlin du 27 août au 5 septembre 2002, les représentants de la France ont annoncé la création d’une base de données des exonymes français (E/CONF.94/CRP.53) qui serait également très utile dans le travail quotidien des organisations internationales. D’autres initiatives seraient également bienvenues.

2. b. Les administrations internationales

Un principe se dégage du rapport du Corps commun d’inspection sur le respect du plurilinguisme par les organisations du système des Nations Unies : la nécessité pour les organisations de prendre davantage en compte la langue ou les langues des destinataires de leurs conférences et de leurs publications et de veiller ainsi à l’efficacité .

En ce qui concerne la mise en place d’un environnement de travail propice à l’emploi de toutes les langues de l’Organisation et non d’une seule d’entre elles, l’idée de mettre à la disposition de tous les fonctionnaires et de toutes les délégations des bases de données terminologiques et multilingues fait son chemin. Il est désormais possible de faire des recherches dans le Système de diffusion électronique de documents de l’ONU, le Sédoc, dans les six langues officielles de l’ONU et non plus en une seule langue. Un meilleur accès à l’ensemble des glossaires multilingues préparés par les organisations internationales devrait être aménagé pour permettre à l’ensemble du personnel de travailler dans toutes les langues officielles. D’autres outils favorisant le plurilinguisme, tel que l’alignement automatique de deux versions linguistiques d’un même document, devraient permettre de faciliter le travail de préparation de documents multilingues sur la base de précédents.

Les différents services du Secrétariat sont également invités à mettre faire état des difficultés qu’ils rencontrent dans la mise en oeuvre des dispositions destinées à promouvoir le plurilinguisme. Ainsi, les services de traduction et d’interprétation des organisations internationales font part des difficultés qu’ils ont à trouver sur le marché du travail des personnes ayant le niveau requis pour travailler dans leurs rangs. Les écoles de traduction et d’interprétation ne prennent pas suffisamment en compte les besoins spécifiques des services linguistiques des organisations internationales, et en particulier la rédaction de comptes rendus. En outre, les universités de langue française et espagnole ne font pas suffisamment connaître aux secrétariats des organisations internationales les possibilités d’étude ou de mise à niveau qu’elles offrent et qui seraient ouvertes aux fonctionnaires des organisations internationales.

2.c. La société civile

Les bibliothèques et les centres de documentation des divers organes des organisations internationales devraient disposer de suffisamment d’ouvrages et de banques de données dans les différentes langues officielles, ce qui nécessite une veille éditoriale permanente qui pourrait être facilitée grâce à l’aide de personnes intéressées ne travaillant pas dans les organisations internationales mais soucieuses de la parité des langues en leur sien.


 
  Il ressort de l’étude récente du Corps commun d’inspection et des observations quotidiennes que peuvent faire les fonctionnaires internationaux sur le fonctionnement plurilingue de leur organisation respective que les administrations internationales sont conscientes des attentes dont elles font l’objet en matière de plurilinguisme, qu’elles se sentent davantage redevables devant les États membres et la société civile mais qu’elles demandent à leur tour d’être aidées pour relever les défis du plurilinguisme institutionnel.


Annex I a): Languages used in the United Nations and affiliated bodies
(Governing bodies of Main organs, Regional Commissions & Affiliated bodies)

 
Organ
Official Languages
Working Languages
Data source / observations
(R.P: Rules of Procedure)
General Assembly
(& Main Committees)
A C E F R S A C E F R S
R.P, rule 51(A/520/Rev.15)
Security Council
A C E F R S A C E F R S
R.P, rule 41(S/96/Rev.7)
ECOSOC
(& Functional Commissions)
A C E F R S E F S
R.P, rule 32 (E/5715/Rev.2).(E/5975/Rev.1 for Functional Commissions).
Trusteeship Council
C E F R S E F
R.P, rule 26 (T/1/Rev.)
International Court of Justice
E F E F
ICJ Statute 1945 (art. 39.1)
Regional Commissions
ECA   A E F
R.P, art.31 (E/CN.14/111/Rev.8/Corr.2)
ECE   E F R
R.P, rule 40(see www.unece.org/oes/00uneceterms)
ECLAC E F S P E F S
R.P, art.42 (LC/G.1403/Rev.3)
ESCAP   C E F R
R.P, rule 44(E/2001/39-E/ESCAP/1231)
ESCWA   A E F
R.P, rule 25
UNDP / UNFPA
A C E F R S E F S
R.P, rule 4 (DP /1997/32)
UNICEF
C E F S R E F S
R.P, art.26 (E/ICEF/177/ Rev. 4)
UNHCR
A C E F S A C E F S
R.P, art.28 (A/AC.96/187/Rev.4)
UNEP
A C E F S R A C E F S R
R.P, art.63 (UNEP/GC/3/Rev3)
UNCTAD(TDB & Main Committees)
A C E F S R A E F S
R.P, rules 69 (TD/63/Rev.2)and 64 (TD/B/740)
UNRWA
  A E F
 
WFP
A E F S E F S
R.P of the Executive Board (Rule XIV)(Special arrangements for Chinese)

A: Arabic // C: Chinese // E: English // F French // P: Portuguese // R: Russian // S: Spanish



Annex I b): Languages used in the governing bodies of the Specialized Agencies & IAEA
 
Organization
Official languages
Working languages
Data source / Observations
(R.P: Rules of procedure G.R: General Regulations)
ILO
A C E F G R S
E F S
Standing Orders of the International Labour Conference, Art.24
FAO
A C E F R S
A C E F R S
Rule XLVII of the General Rules “Languages of the Organization”

Conference

UNESCO

Executive Board

A C E F H I P R S

A C E F R S

 

A C E F R S

R.P, Conference (Rules 54 and 50) he


R.P, rule 21 of the Executive Board

ICAO
A C E F R S “Languages of deliberations”
A C E F R S “Languages of documentation”
R.P, Rules 64 and 65 (Assembly) and Rule 56 (Council)”
WHO
WHA & EB
A C E F R S
A C E F R S
Resolution WHA31.13 (1978) and R.P, rule 22 of the EB
AFRO
E F P S
E F P
R.P, Rule 22 (Regional Committee)
AMRO/PAHO
E F P S
None
R.P (Panamerican Sanitary Conference)
EMRO
A E F
A E F
R.P, Rule 21 (Regional Committee)
EURO
E F G R
None
R.P, Rule 20 (Regional Committee)
SEARO
E
E
R.P, Rule 21 (Regional Committee)
WPRO
C E F
E F
R.P, (Regional Committee)
UPU
F
A E F S+ C G P R
Constitution, Art.6 General Regulations, Art 107
ITU
A C E F R S
E F S
Article 16 (1982 Convention)
WMO
A C E F R S
A C E F R S
G.R 117-122 (1999). Only relevant languages are used for sessions of the six Regional Associations
IMO
A C E F R S
 
 
WIPO
 
A C E F R S+ some P
WIPO Convention, Art. 6(2)(vii); WO/GA/26/1,para.10 and WO/GA/26/10, para. 175 & 180
UNIDO
A C E F R S
A C E F R S
“Languages of the General Conference” (R.P, Rule 61) and “languages of the Board” (R.P of IDB, Rule 65).
IAEA
A C E F R S
A C E F R S
Conference (R.P, Rule 86) Board (R.P, Rules 51 & 52)
World Bank
 
E
 
IMF
 
E
Rule C-13 (Rules & Regulations)Translation in “standard” languages(A C F G P R S)
IFAD
AEFS
AEFS
“Languages of the Council” (R.P, Rule 20) “Languages of the Board” (R.P, Rule26)

A: Arabic // C: Chinese // E: English // F French // G: German //H: Hindi// I: Italian // P: Portuguese // R: Russian // S: Spanish


Annex II: Working languages of Secretariats
 
Organization
Working Languages
Languages mostly used for:
Mandated
De facto
Intranets
Databases
Original texts of documents
UN
E F except for:- ECE (E F R)- ECLAC (E F S)- ESCWA (A E F)
 
E F (Geneva) E (New York & other main duty stations)
E
E (76.5%) / F (12.8%)E/F (4.2%) / Other (6.5%)[UNOG in 2000]
ILO
E F S
 
E F S
E F S
E (85.2%)F (13.3%) / S (1.5%)
FAO
A C E F S
 
E
E F S
 
UNESCO
E F (Paris); E or/and F (other duty stations)
 
E, F
  
1998: E 60.86% // F 39.14% 1999: E 64.09% // F 35.91% 2000: E (74.69%) // F (25.31%)
ICAO
A C E F R S
E
E
E
E (85%) F (6%) // S (4%) A C R (5%)
WHO
None
E F
E
E
 
UPU
E F
E F
E F
E F
F (45%), E (45%), Others (10%)
ITU
 
 
E
 
 
WMO
E F R S
E F
E F
E
E (97.4 %) / A (1.7%)R (0.2%) / Other (0.7%)
IMO
None
E
E
E
 
WIPO
A C E F R S
E F
E
 
 
UNIDO
 
 
 
 
 
IAEA
None
E
E
E
E (68%) / R (14%) / S (8%)F (4%) / A (3%) / G (2%)C (0.4%) / Other (0.3%)
World Bank
 
E
E
 
 
IMF
E
 
 
 
 
IFAD
AEFS
 
E
E
AEFS

A: Arabic // C: Chinese // E: English // F French //G: German // P: Portuguese // R: Russian // S: Spanish
*Unless one of the other official languages is also used as a working language.


Annex III a): Languages used for Publications, CD-ROMS, & E-Books
 
Organization
Publications
Electronic publishing
In official/working languages(% per language)
In other languages
CD-ROMS
E-Books
United Nations
 
 
 
 
ILO
E (100%) / F S (20%)A C G R (10%)
Under license or to field offices (10%)
E F S
E
FAO (2000)
A (6.7) / C (6.7) / E (41.3) F (17.3) / S (17.3) /Bilingual (1.9) / Trilingual (6.7) Multilingual (1.4)
(0.5)
E F S (FAOSTAT in A C E F S)
n/a
UNESCO
 
 
 
 
ICAO
E (60%) // F (15%) // S (12%)R (7%) // A (4%) // C (2%)
 
E
 
WHO
E (83%) / F (11%) / S (6%)
88 publications in 28 languages in 2000
 
 
UPU
E F (90-95%) / S (50-60%)A (50%) / R (30%)P (20-25%) / G & C (15%)
n/a
n/a
n/a
ITU
 
 
 
 
WMO
E (31.0%) // F (22.6%) S (20.0%) // R (18.3%)A (4.5%) // C (3.6%)
 
 
 
IMO
 
 
 
 
WIPO
A (23%) / C (12%) / E (99%)F (88%) / P (11%) / R (23%)S (48%)
G (20%) / DT (5%) IT (12%) /JP (2%)
E F G R S
E F S
UNIDO
 
 
 
 
IAEA
E (68%) / F (20%) S (10%) / R (5%)
G (5%)
N/A
N/A
World Bank
E F G S
 
E
E
IMF
E F G S
A C P R (on ad hoc basis)
 
 
IFAD
E F S
I
 
 

A: Arabic // C: Chinese // E: English // F French //G: German // P: Portuguese // R: Russian // S: Spanish // Dt: Dutch IT: Italian / JP: Japanese




Annex III b): Languages on the main websites of the United Nations and its affiliated bodies
 
Organization / Units (URL)
Languages on Home Page
(Planned improvements / Observations)

United Nations (Headquarters and main OAHQ* headed by an official accountable to the Secretary- General)

     UN main website (http://www.un.org)


A C E F R S

(21 other languages on local websites of UN Information Centers and Services)

     
     
     
     
     
     
    
     
     
     
     
     
     
     
     
     
E F S
E
E
Office on Drugs and Crime ) (http://www.odccp.org)
E
E F (Arabic planned)
E
E S
E
E
E F S
Main homepage in E C F S and 7 other languages but not Arabic and Russian
A E
E
E F
E
E
E F S
E F S
E
E

A: Arabic // C: Chinese // E: English // F: French // G: German // J: Japanese // K: Korean // P: Portuguese // Po: Polish /
R: Russian // S: Spanish
*OAHQ : Offices away from headquarters


Annex III c): Languages on websites of the Specialized Agencies & IAEA
And two non-UN organizations (EU & OECD)
 
Organization (URL)
Languages on Home Page
(Planned improvements / Observations)
E F S (access to local websites in A, G, IT, JP, P and TK but no C and R yet)
A C E F S (major efforts will be pursued to improve language coverage, in particular for A)
A C E F R S
E (except press releases)
E F S
E F (also A P S for documents)
E F S
E F S at level 1 (Core pages in E F S at level 2 if funds available; long term goal of all core pages in six languages at levels 1, 2 &3)
E
A E C F R S
E
E
E
E F P R S
E F G S
E
11 languages (DK, DT, E, FN, F, G, GR, I, P, S, SW)
E F

A: Arabic // C: Chinese // DK: Danish // DT: Dutch // E: English // F: French // FN: Finnish // G: German // GR: Greek
I: Italian // JP: Japanese // K: Korean // P: Portuguese //Po: Polish // R: Russian // S: Spanish // SW: Swedish // TK: Turkish


                   

 





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