Señor Andrés Lira, Presidente
del Colegio de México
Señor Javier Winer, Delegado General de
la Unión Latina,
Doctor Luis Fernando Lara, Director del Centro
de Estudios linguïsticos y literarios del
Colegio de México
Distinguidos invitados
Señores y Señoras,
Je suis très honoré d’avoir
été invité à coprésider
l’ouverture du Congrès international
sur les langues néo-latines dans la communication
spécialisée. Les échanges
que vous aurez, au cours des deux prochains jours,
porteront sur l’utilisation et le rayonnement
des langues néo-latines dans les différents
domaines d’activités du monde moderne.
Vos échanges mettront très certainement
en exergue l’ampleur des nouveaux enjeux
linguistiques engendrés par la mondialisation.
La mondialisation a certes des effets bénéfiques
par le développement et la diffusion de
la connaissance qu’elle génère
et l’essor qu’elle permet sur les
plans économique, commercial et technologique.
C'est pourquoi les Québécois et
leur gouvernement ont été et sont
toujours des promoteurs enthousiastes de l'ouverture
des marchés et des échanges internationaux.
Cependant, cette mondialisation peut aussi avoir
des répercussions négatives notamment
sur l’équilibre linguistique mondial
et doit donc faire l’objet de contrepoids.
Force est de constater en effet que l’ouverture
des marchés couplée au déploiement
des technologies de l’information et des
communications, concourent de plus en plus à
l’usage généralisé
d’une langue unique de communication internationale.
Cette hégémonie de l’anglais
s’observe particulièrement dans le
cadre du commerce international, dans les réseaux
numériques, dans les instances de standardisation
et de normalisation techniques ainsi que dans
les organisations internationales. Il importe
donc que des actions solidaires soient menées
pour affirmer et mettre en valeur la diversité
culturelle et linguistique.
En tant que délégué général
du Québec à Mexico, je tiens à
profiter de l’occasion qui m’est donnée
aujourd’hui, pour réitérer
l’engagement du Québec à promouvoir
et à préserver la diversité
linguistique et culturelle.
En effet, le gouvernement québécois
se fait, dans la mesure de ses capacités,
le défenseur de cette diversité
au sein de forums internationaux comme l’Organisation
internationale de la Francophonie, l’Unesco
et le Réseau international sur la politique
culturelle (RIPC).
Cet engagement du Québec tient en partie
à notre histoire.
Tous les jours, et cela depuis plus de 200 ans,
nous constatons que le fait de parler français
en Amérique du Nord, où domine la
langue anglaise, ne va pas de soi. Si le français
a survécu à des politiques d’assimilation,
à des tensions démographiques énormes
et à la dominance et à la force
d’attraction de la langue anglaise, c’est
que les francophones d’Amérique ont
su, d’instinct, que leur culture et leur
langue méritaient mieux que de sombrer
dans l’oubli par la voie de l'assimilation.
Le français demeure une langue vivante
en Amérique. En soi, c’est une victoire.
Et si, au Québec en 2002, le français
est une langue bien vivante, c’est en partie
grâce à l’État québécois
et à son intervention en la matière.
Je pense évidemment ici à la Charte
de la langue française, pièce
maîtresse de la politique linguistique québécoise,
dont nous célébrons cette année
le 25e anniversaire.
Or, le développement d’accords commerciaux
internationaux de plus en plus contraignants commande
de redéfinir et d’accroître
le rôle de l’État en vue de
la promotion et de la préservation de la
diversité culturelle et linguistique.
Le gouvernement du Québec se sent particulièrement
interpellé par le déséquilibre
linguistique et la fragilité du français
sur le continent américain.
Les statistiques parlent d’elles-mêmes.
En effet, des 800 millions de personnes qui habitent
les Amériques, 40% parlent l’espagnol,
38% l’anglais, 20% le portugais et à
peine 2% le français. Il est dans l’intérêt
du Québec, nation nord-américaine
de langue française, qui a fait le choix
du libre-échange et qui est fortement engagé
dans la promotion de la diversité culturelle,
de développer une stratégie interaméricaine
qui prône le multilinguisme et qui assure
une plus grande place au français et aux
autres langues officielles de nos partenaires
dans le cadre du processus d’intégration.
Nous croyons que le rapprochement des peuples
des Amériques, la multiplication des échanges
tant sur le plan culturel que sur le plan social
doit accompagner, sinon précéder,
l’intégration économique continentale.
De plus, ainsi qu'il l'a fait en octobre à
Beyrouth dans le cadre de la IXe Conférence
des chefs d'État et de gouvernement des
pays ayant le français en partage, le Québec
a joint sa voix à ceux qui veulent faire
avancer le dossier de la diversité linguistique
et culturelle.
Il le fait en défendant la nécessité
d’un instrument commun contraignant pour
préserver le droit des États et
des gouvernements à soutenir et à
promouvoir la culture et la langue face au défi
de la mondialisation. Un tel instrument reconnaîtrait
aux gouvernements le droit de prendre les mesures
raisonnables requises pour assurer la promotion
et la préservation des cultures et de l'expression
culturelle dans chacun des pays, tout en consacrant
le principe de l'ouverture de chacun aux cultures
des autres.
Le Québec appuie aussi la francophonie
dans sa démarche d’alliances avec
d’autres grandes aires linguistiques, notamment
avec l’hispanophonie et la lusophonie, afin
de promouvoir la diversité linguistique
et affirmer solidairement le principe du multilinguisme.
Les propositions d’actions des Trois espaces
linguistiques, dont est notamment membre l'Union
latine, visent tout particulièrement à
faire progresser sur le plan international les
trois langues concernées (espagnol, portugais,
français).
Il est donc primordial que le français,
tout comme les autres langues néo-latines,
soit capable d’exprimer la modernité,
de s’adapter aux exigences des nouvelles
technologies et de répondre aux besoins
de la société de consommation et
de la société de l’information.
L’avenir du français, comme celui
des autres langues, repose aujourd'hui en bonne
partie sur sa capacité de s’affirmer
de plus en plus sur le réseau numérique.
Il importe aussi de réaffirmer la nécessité
de promouvoir une plus grande connaissance et
une meilleure compréhension de l’importance
de la diversité culturelle et linguistique
et ce, par le biais d’échanges soutenus
entre nos gouvernements, les organisations régionales
et internationales de même qu’avec
la société civile et le secteur
privé.
La tenue du présent congrès s’inscrit
très bien dans cette démarche de
solidarité qui doit être menée
par les États de langue latines pour promouvoir
la diversité linguistique. C'est pourquoi
j'ai accepté avec empressement de participer
à l'ouverture de votre colloque et c'est
aussi pourquoi des collègues québécois
participeront à vos travaux.
Je vous souhaite donc un bon et fructueux colloque.
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Secrétariat à la politique linguistique
20 novembre 2002

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