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La place du français dans l'Internet
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La place du français dans l'Internet

Répartition des pages en français par pays  

 

 

Les mesures de la répartition du web en français donnent, pour chaque domaine Internet concerné, les résultats suivants [23]:

Pays [24]
Domaines nationaux
Proportion de pages en français
Domaines génériques
Allemagne
.de
0,703%
.com
26,120%
Belgique
.be
3,385%
.org
14,333%
Brésil
.br
0,094%
.net
4,573%
Canada
.ca
10,141%
.int
1,047%
dont Québec
dont N. Brunswick
.qc.ca
.nb.ca
2,048%
0,015%
.info
0,562%
Chine
.cn
0,057%
.edu
0,468%
Côte d'Ivoire
.ci
0,146%
.gov
0,049%
Espagne
.es
0,125%
.tv
0,044%
États-unis
.us
0,042%
.biz
0,020%
France
.fr
30,824%
.coop
0,001%
Italie
.it
0,503%
.aero
0,000%
Japon
.jp
0,053%
.museum
0,000%
Liban
.lb
0,076%
.name
0,000%
Luxembourg
.lu
0,314%
.pro
0,000%
Maroc
.ma
0,168%
   
Nlle-Calédonie
.nc
0,069%
   
Pays-Bas
.nl
0,126%
   
Pologne
.pl
0,057%
   
Portugal
.pt
0,057%
   
Rep. Tchèque
.cz
0,061%
   
Roumanie
.ro
0,070%
   
Royaume-uni
.uk
0,285%
   
Russie
.ru
0,048%
   
Sénégal
.sn
0,049%
   
Suisse
.ch
4,241%
   
Tunisie
.tn
0,042%
   
Autres pays  
1,047%
   
TOTAL  
52,783%
47,217%

 

Pour établir la proportion totale de pages en français pour chaque pays, il convient de répartir le pourcentage de pages produites dans les domaines génériques (c'est-à-dire les 47% de pages en français) entre les différents pays. Pour pouvoir le faire, il faudrait connaître, pour chaque pays, la proportion de pages web hébergées en dehors du domaine national, que l’on peut, pour simplifier, confondre avec le pourcentage de sites web hébergés dans des serveurs hors domaine national. Ce pourcentage varie selon le pays considéré [25] et il n’existe pas de données publiques. La plupart des experts consultés –les gestionnaires des domaines nationaux– s’avouent en général incapables de préciser ce pourcentage.

Une étude similaire de la répartition du web en espagnol a pu être réalisée en 2001, notamment grâce à l'aide d'experts nationaux qui ont fourni, de manière solidaire, leurs estimations approximatives concernant l'utilisation du domaine national dans les pays hispanophones. Malheureusement, rares ont été les responsables de domaines francophones qui ont répondu à nos interrogations quand à l'utilisation de leur domaine [26].

Quand elle n'a pas été donnée par un expert ou estimée par nos soins comme dans le cas des États-unis, la proportion de pages web présentes dans le domaine national de chaque pays a été estimée en tirant profit d’une nouvelle fonction de Google qui permet la recherche d’un mot clé pour un pays donné. À l’aide de cette fonction et avec l’astuce de la recherche par "le complément de l’ensemble vide" [27], il a été possible de connaître le nombre total de pages dans un pays et le nombre total de pages dans le domaine de ce pays, et de construire ainsi le pourcentage souhaité. Les résultats de Google ne sont pas très fiables : nous avons dû les "normaliser" pour combler les lacunes de Google ; mais, quoi qu’il en soit, il s’agit d’une approximation bien meilleure que le chapeau d’un prestidigitateur ! Les détails concernant ces calculs sont disponibles en annexe 3. Bien entendu, nous serions ravis d’intégrer les chiffres que des personnes expertes pourraient à l’avenir nous communiquer, de manière à affiner nos résultats…

Il faut comprendre le chiffre obtenu de la manière suivante : 56% des pages produites en Belgique sont hébergées dans un site du type "www.nom_du_site.be".

Le résultat obtenu est une image de la répartition de la production de pages en français par pays :

PAYS
Proportion de pages en français dans le domaine national
Proportion de sites web dans le domaine national [28]
Pourcentage de production du total des pages en français
Allemagne
0,703%
88%
0,8%
Belgique
3,385%
56%
6,0%
Brésil
0,094%
89%
0,11%
Canada
10,141%
42%
24,2%
dont Québec
2,048%
42%
4,9%
Chine
0,057%
66%
0,09%
Côte d'Ivoire
0,146%
95%
0,15%
Espagne
0,125%
30%
0,42%
États-unis
0,042%
4%
1,1%
France
30,824%
55%
56,2%
Italie
0,503%
70%
0,07%
Japon
0,053%
84%
0,06%
Liban
0,076%
81%
0,09%
Luxembourg
0,314%
33%
1,0%
Maroc
0,168%
71%
0,24%
Nelle-Calédonie
0,069%
60%
0,12%
Pays-Bas
0,126%
73%
0,17%
Pologne
0,057%
94%
0,06%
Portugal
0,057%
75%
0,08%
Rép. Tchèque
0,061%
91%
0,07%
Roumanie
0,070%
92%
0,08%
Royaume-uni
0,285%
65%
0,44%
Russie
0,048%
89%
0,05%
Sénégal
0,049%
91%
0,05%
Suisse
4,241%
66%
6,5%
Tunisie
0,042%
88%
0,05%
Vietnam
0,004%
93%
0,004%
Autres pays
1,047%
80%
1,3%
TOTAL
52,787%
100%

 

On observe que 90% de la production de pages web en français est répartie entre la France, le Canada, la Belgique et la Suisse.

La production de page en français du Royaume Uni est supérieure à celle de chaque pays d'Afrique francophone. La production totale de l'Afrique en pages francophones est à peine supérieure à celle de l'Italie. Les pays africains les plus producteurs de pages francophones sont, dans l'ordre: le Maroc, la Côte d'Ivoire et le Liban, suivis par le Sénégal et la Tunisie. Les pays suivants produisent une quantité comparable de pages francophones, de l'ordre de 1 pour mille: la République Tchèque, la Pologne, le Portugal, la Roumanie, la Russie, le Brésil, le Liban, le Sénégal, la Chine, le Japon.

Enfin, les États-unis apparaissent comme le premier producteur de pages francophones, après les quatre pays de tête et juste devant le Luxembourg.

La répartition de la production de pages web en français par continent est la suivante :

Plusieurs points ressortent de ce graphique :

La faible production du continent africain.

La faible pénétration de la langue française en Asie et en Océanie (région où l'Internet se développe rapidement).

Le poids énorme de l'Europe et de l'Amérique du nord sur l'Internet en français.

En mettant ces résultats en rapport avec le nombre d'internautes par pays, on obtient les résultats suivants, une sorte de palmarès de la productivité en contenus francophones :

 
% Pages en français
Internautes francophones (en millions) [29]
% Internautes francophones
Productivité par pays
Suisse
6,5%
0,90
3,5%
1,88
Belgique
6,0%
1,00
3,8%
1,56
Canada
24,2%
4,40
16,9%
1,43
France
56,2%
18,70
71,9%
0,78
Reste
9,9%
1 [30]
3,85%
TOTAL
100%
26
100%
1

 

Ces résultats montrent que la Suisse est la plus productive, suivie de la Belgique et du Canada. Les résultats montrent aussi que les internautes français passent trop de temps à surfer et pas assez à produire des pages en français !




Notes
 

[23] Les résultats se lisent de la manière suivante : 30,82% des pages en français appartiennent au domaine .fr.

[24] Seuls les domaines nationaux comprenant plus de 0,04% de l'Internet francophone ont été pris en compte. Le détail pour tous les pays de la Francophonie est en annexe.

[25] En général, lié au schéma de tarification en vigueur (en particulier du différentiel par rapport aux tarifs des domaines génériques) et aux contraintes posées pour la protection des noms de marques.

[26] Une requête a été envoyée par courriel à la liste de distribution des responsables administratifs des noms de domaine ainsi qu’aux chapitres ISOC concernés ; il était précisé que des valeurs très approximatives étaient acceptées sur la base de l’intuition de ces personnes. Seuls MM. Nguyen pour le Viêt-nam et Fuselier pour la Nouvelle-Calédonie nous ont répondu.

[27] On recherche un mot clé comme ‘-gyewhghedjfgvh’ et Google donnera le nombre total de pages indexées qui correspondent au pays donné.

[28] Les chiffres en rouge et italiques sont ceux qui n'ont pas été calculés par la méthode décrite dans l'annexe 3 mais fixés directement à partir d’une estimation d’expert.

[29] Source : GlobalReach / Médiamétrie.

[30] Le nombre d'internautes francophones dans le reste du monde est incomplet, le nombre présenté (1 million) ne tient compte que des internautes francophones présents aux États-unis et au Luxembourg ; Global Reach ne fournit pas d'informations concernant d'autres pays. Cela, et le fait que des pays non francophones de l’OCDE produisent des proportions non négligeables de pages en français, expliquent la forte productivité du "reste". Dans ces conditions, nous avons préféré ne pas mentionner ce chiffre qui n’est pas fiable.






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